SC£N£ XI
d'une mère qui rompt ses premiers nœuds , au moment où mon retour à la vertu allait répandre sur ses jours le bonheur et la paix? Tu t'attendris.... tu détournes les yeux... ton cœur m'entendrait-il encore? L'ardeur qui pénètre mon ame a-t-elle passé dans la tienne ? Vois ton époux ; il est à tes pieds. Toi , qui m'as tant aimé , veux-tu me réduire au dernier dés-' espoir?... Regarde -moi , par grâce ; que ces yeux si séduisans et si doux se tournent encore sur les miens; que j'y lise mon pardon , et que nos premiers feux se rallument, pour ne s'éteindre jamais.
LA CrrOTEirirE TH^VENIIT , attendrie jiiaqii*auz knnet.
Thévenin, mon cher Thévenin, je souffre de votre douleur : c'est tout ce que je puis.
T HÉTEH I H. Pendant ce coaplet, sa femme loi ouvre inimiiMcmcnt
fes bnw.
Ah! ce n'est pas une compassion stérile qui fait oooler tes larmes ; la plus douce émotion se peint dans tous tes traits.... Non, jamais tu ne me seras étrangère; tu n'en as ni la force ni la volonté ; ton ressentiment cède k mes remords ; tes bras s'ouvrent encore pour moi , et je retrouve mon épouse.
(n ae jette dasa aea ha»,) LA CITOTENNE THÉVENIIT.
Elle n'a pas cessé d'être à toi.
THJÉVENIN.
Quoi! ce divorce....
LA CITOYENNE THÉVENIN
Il est supposé.
49î» LE DIVORCE.
THÉVElfIN.
Cet amour de Durval....
LA CITOTENNE THEVENIIf.
11 adore ta fille.
THÉVENlir.
Ah! tout est expliqué. Quel serace vous m'ava rendu ! Je Tavoue en rougissant , cette leçon est humiliante; mais elle était nécessaire. Je m'en. souviens drai , ma chère et tendre amie ; ma reconnaissance , mon amour, ma fidélité te prouveront qu'elle est toujours présente à ma mémoire.
LA CITOTENirE THEVElf IIT.
Mon ami, je te crois sincère en ce moment: les sentimens que tu exprimes sont ceux d'une ame honnête , rendue à sa pureté première. Jetons un ooupd'œil sur le passé pour n'y jamais revenir. Depuis quelques années , quelle est ton existence ? où sont tes amis? Qu'est devenue l'estime publique, sans laqudle un homme ne peut vivre? Incapable de penser, au milieu du tourbillon où t'égaraient tes désirs aveugles , tu n'as pas vu les gens honnêtes s'éloigner insensiblement de toi; tes concitoyens, qui t'accordent des talens , te refuser leur confiance ; tu ne t'es pas aperçu que tu vivais seul, isolé, sans considération, sans autre appui qu'une imagination effervescente (|ui t'étourdissait sur ton état. Un seul être te restait. Victime de tes erreurs, cet être infortuné pleurait Hon propre abandon, ta nullité profonde; suivait Ions tes mouvemens, et attendait, en silence, le moment où des passions tumultueuses te permettraient