‹ Œuvres complètes de Pigault Lebrun (volume 2)Chapitre 370 sur 417 · ACTE I, SCENE VIII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE VIII

sentences , en maximes ; ce n*est pas le moment. Préte-toi à la nécessité ; jouons la comédie , et sortons du mauvais pas où nous sommes , sans battre tout un régiment , et nous faire échiner.

MICHEL

Comment cela?

ROBERT

J'endosse Thabit du docteur ; vous prenez ceux de ses gens. Je monte la meilleure mule ; vous chassez les autres devant vous. Nous entrons tranquillement dans Urgel; nous nous logeons dans la meilleure auberge ; bon vin , bonne chère , grand étalage : cela provoque à la confiance. Nous tuons les malades; nous rendons malades ceux qui se portent bien ; nous empochons les pistoles des uns et des autres, et nous poussons plus loin , à l'aide des certificats du docteur.

MICHEL

Tu te feras médecin ?

ROBERT

Comme un autre : c'est la plus petite chose du monde que cela.

MICHEL

Je n'en reviens pas ; toi , médecin !

ROBERT

Eh ! sans doute. De l'effronterie et de la vogue j Toilà le fond de la médecine.

MICHEL

Tu en veux furieusement à la &culté; cependant,

quand tu es malade....

53o LES EMPIRIQUES.

ROBFRT, riant.

Je ressemble à ceux qui connaissent les feminn, et qui ne savent pas s'en passer.

nUBRKUIL.

Laissons-Ià les femmes pour le moment^ et reTenou à nos affaires : te voilà médecin....

MIGHKL.

Et nous nous bornons au rôle modeste de valets du docteur.

ROBERT

C'est un genre qui a son mérite. lyailletirs, puis-je faire de vous autre chose? Savez-vous le laUn? Connaissez-vous les racines grecques ? Pourriez-vous âter à propos, déraisonner gravement pendant une heure, et renvoyer, contens et émerveillés , des gens qot ae vous ont point entendus? Oui , vous serez ioies gens, et rien que mes gens. Allons faire une visite exacte de nos ballots, et prendre chacun un habit à notre taille.

MICHKL.

Camarades, qu'en dites-vous?

Cela me parait plus sûr que d attendre ici les évènemens.

DUVAL , LKCOrTRT.

Et à nous aussi.

Voilà qui est arrangé , monsieur le médecin. Nou!^ sommes à vos ordres.

(Daval et Lecotirt remettam Ut eff«t* djtM II vaine. ^

Page 1