I..es gens du général Rabbi y ont couché il y a huit jours
ROBERT
Il a donc passé ici pour s'aller faire battre par les Français ?
l'aubergi&te.
Non pas; il eu revenait, et faisait sa retraite en poste.
ROBERT
Va donc pour les mansardes. A propos, avez- vous mis mon tableau à la porte ?
l'aubergiste.
Vingt personnes l'ont déjà lu.
ROBERT
c'est bien; 4:'est ibrt bien; c'est au mieux. J'ai vu le corrégidor , et j'ai obtenu son agrémenl pour exer-
&4o LES EMPIRIQUES.
cer impunément la médecine dans Urgel. Il n'est pts
mal béte votre corrégidor.
l'aubergiste.
C'est ce que tout le monde dit ; mais il est riche.
ROBERT
Et avec de l'or on s'affuble d'une grande charge qu'on remplit petitement.
l'aubergiste.
C'est cela.
ROBERT
C'est un moyen à peu près sûr de mettre les sols en place, car, ordinairement, le mérite n'est pas opulent. Ah ça , dites-moi , le pays est-il abondant ?
l'aubergiste.
En denrées?
ROBERT
En maladies.
l'aubergiste.
Autrefois on s'y. portait à merveille; mais depuis que les armées sont dans les environs, toute la ville a la fièvre.
ROBERT
C'est charmant. Je traiterai toute la ville. Fièvres continues, fièvres intermittentes, fièvres putrides, fièvres inflammatoires , n'est -il pas vrai ?
l'aubergiste.
Mais il y en a de toutes les façons.
ROBERT
C'est à merveilles. Et sans doute vous avez beaucoup de médecins ?