‹ Œuvres complètes de Pigault Lebrun (volume 2)Chapitre 384 sur 417 · ACTE II, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE V

Très-malade, sous uu certain rapport; mais, comme je suis aussi un homme de l'art , je viens paisiblement consulter avec vous.

ROBERT

Je ne parle que par mes cures , et depuis que j'ai quitté l'université de Salamanque , je ne m'amuse pas à raisonner métier : c'est la ressource des commen^^ans.

CARLOS

Ah ! vous avez étudié à Salamanque l En êtes-vous bien sûr? N'est-ce pas plutôt sur la route d'Aguilar que vous avez pris aujourd'hui vos licences ?

ROBERT, k part.

Voilà un drôle qui va furieusement m'embarrasser.

CARLOS

Allons, avouez que vous êtes un peu novice en médecine , quoique très-expert en l'art de vous approprier le bien d'autrui.

ROBERT, i part.

OÙ diable en veut-il venir ?

CARLOS

Mon cher ami , mettez la main sur la conscience , et convenez tout bonnement que vous êtes un fripon.

ROBERT

Faquin !

CARLOS

Des injures ne sont pas des raisons. Vous savez à merveilles que rien de tout cela n'est à vous. C'est moi

55o LES EMPIRIQUES.

qui suis le vrai Carlos ; ainsi , rendez-moi mes propriétés, sans bruit et sans délai.

ROBERT, à part.

Chienne de rencontre! Restituer, c'est nous perdit.

GA.RLOS.

Vous n'avez pas encore une grande habitude de la prospérité : exécutez-vous galamment

ROBERT

Ecoute : on t'a attaqué aujourd'hui ; la frayeur t'a saisi, tu as tout abandonné, et je veux bien convenir, puisque nous sommes seuls , que je me suis arrangé de tes équipages et de ton nom ; mais , je ne rends rien.

CARLOS

Comment , tu ne rends rien !

ROBERT

Rien.

CARLOS

Par Notre-Dame du Rosaire, je te traduis devant le corrégidor.

ROBERT

Je l'ai dans ma manche ; d'ailleurs , que lui dirastu ? Tes papiers sont en règle , et j'en suis possesseur. Tiens, voilà dix pistoles; tire-toi d'affaire comme tu l'entendras , et ne m'échauffe pas les oreilles.

Me voler deux mille piastres , et m'offrir dix pistoles !

ROBERT

Tu n'en veux pas?

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