‹ Œuvres complètes de Pigault Lebrun (volume 2)Chapitre 415 sur 417 · ACTE 111, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE 111, SCÈNE V

ALVAR

Il m en coûte autant qu à vous.

LÉONORE

Ces Français sont en sûreté. Prévenons les bruits publics, et obtenons le pardon de notre supercherie.

LE CORRÉGIDOR

Mais parlez donc plus haut, si vous voulez que je vous entende.

ALVAR

De grâce, écoutez-nous.

LR CORRÉGIDOR.

Je le veux bien, moi; parlez.

ALVAR

Je ne sais par où commencer.

LE CORRÉGIDOR

Eh, parbleu! par le commencement. Parlez donc! qu'est-ce que tout cela signifie?

MARGUERITE

Cela signifie que votre fille n'est pas morte; qu'elle n'a pas même été malade, et que c'est moi qui ai. tout conduit.

LE CORREGIDOR

Qu'est-ce que c'est que ces fariboles? N'ai«je pas t'*té à son enterrement? fTétais-je pas à sa résurrection? Prétend-on m'en faire accroire? Me prendon pour un imbécille?

MARGUERITE

Allons, il n'en démordra pas.

ALYAR.

On VOUS a dit Tezacte vérité. Confirmez ie consentement que je vous ai surpris.

LE CORRÉGIDOR

Cest«à-dire que vous voulez absolument que ma fille ne soit pas morte! En ce cas, le contrat est nul: son rival la prenait sans dot, diable!

MARGUERITE

Et si je vous donne un moyen de la doter sans rien débourser?

LE CORRÉGIDOR

Je l'adopte, foi de magistrat.

MARGUERITE

Donnez-lui votre charge; le public y gagnera, et vous vous reposerez.

LE CORREGIDOR

Le public y gagnera !... Je crois que vous me manquez, ma mie.

LÉONORE

Elle veut dire qu'Alvar, plus jeune, suivra les alfaires avec plus d'activité.

LE CORRÉGIDOR

A la bonne heure. Allons, je donne ma charge, sur laquelle je me réserve une pension.

MARGUERITE

Eh, morbleu! faites les choses de bonne grâce. Le> évcneniens de cette journée nous rappelleront que nous avons été un peu empiriques : mais qui ix* IVst pas quelquefois en sa vie?

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