ACTE I, SCENE VII
CHAMP A.GIIE.
A la veille d'acheter les présents de noces , des bijoux |X)ur des sommes....
O U F G U R , avec iDtérèt.
Comment cela?
CHAMPAGNE, tinuit le mémoire d*i bijoutier.
Voyez mon calepin.
D D F O U R • après avoir lu.
Diable! monsieur Dercourt a donc de Targent?
CHAMPAGNE
Pardon , mille pardons, monsieur Dufour , de vous avoir trompé. Oui, mon maître a de l'argent; mais 00 en a besoin , la veille d'un mariage. Vous voyez à quel usage il le destine; à des présents de noces : c'est sacré. Marié demain , il palpe la dot , et vous solde. Rien de plus aisé pour moi que d'enfler ce mémoire ' de six cents livres, et avec un peu de complaisance, vous masquez mon inconduite , et je vous aurai une (^ligation étemelle.
l'huissier.
Savez-vous que je me fatigue d'attendre?
CHAMPAGNE
( A Vhuissier. ) Je paierai la vacation. ( A Dufour, ) .\llons, monsieur Dufour, mon cher monsieur Dufour....
DUFOUR
Ecoutez, mon ami, Targent...
CHAMPAGNE
Oui, je le sais, l'argent est rare.
DUFOUR
Et à un prix fou : je le paie dix et demi.
CHAMPAGNE
Je vous entends, monsieur Dufour. Je vous fais mon billet de trente louis.
Payable à vue?
CHAMPAGNE
A vue.
DUFOUR
Et vous prendrez cela sur les bijoux ?
CH A MP AGNE.
Sur les bijoux.
DUFOUR
Sans que votre maître s'en aperçoive?
CHAMPAGNE
Il ne compte jamais après moi.
DUFOUR
Faites votre effet. ( ^ V huissier , pendant que Champagne écrit. ) Approchez , monsieur , approchez. Voyons le titre. ( Après avoir lu, ) N'étes-vous pas honteux de traiter un honnête homme avec cette dureté? En vous donnant vingt louis, vous gagnez cent pour cent.