SCÈNE XL
Madame VERVAL, DUPRÉ, ROSE bt CHAMPAGNE daAslefond.
MADAME VERVAL
Je suis enchantée de vous avoir rencontre. Je mène une vie assez monotone , et je vous prie de me voir souvent pendant le séjour que vous ferez à Paris.
Vous m'obligerez en me permettant de vous offrir les moments dont mes affaires me laisseront disposer.
MADAME VERVAL
Comment , vous le permettre ! je vous y invite , mon cher Dupré.
( Ils s'iMcycnt. } CHAMPAGNE, à psrt.
Dupré!.... notre oncle!.... écoutons.
MADAME VERVAL
Mais quelles aflaires si pressantes vous appellent à Paris ?
Rien de personnel. Un coquin de neveu qui a fait cent sottises , et que je veux empêcher de se déshonorer tout -à-fait , s'il en est temps encore.
MADAME VERVAL
Il est peut-être bien jeune ?
D UPRE.
Vingt-qualre ans , madame. A cet âge-là , on n'est
i ACTE I, SCÈKe XL • 79
Rf]i||.'^ioore très-raisoimahkt; mais on annonce au r ami des dispositions à *k| iktenii*.
^ MADAWf/^XRVAL.
DiDft ce siècle-ci , les jeunes gens ne sont pas précoces wr Farticle de la raison.
Je me moque du siècle , moi , et je ne veux pas que mon neveu soit un jeune homme à la mode, parce que je sais que ces gens-là ne sont bons à rien.
MADAME VERVAL
.Vous avez de Thumeur, mon ami '^
DUPRÉ
Et f ai tort ? A la mort de son père , mon neveu est demeuré sans ressources, et je Tai soutenu. Le drôle Qangeait'en trois mois sa pension d'un an. Je lui ai Ut des remontrances ; il y a répondu en se moquant de moi. Je lui ai fait dire que je le déshériterais, et je l'ai déshérité en effet. Je lui ai envoyé copie de racte d'exhérédatiou , pour qu'il n'en prétendît pas cause d'ignorance : il a continué son genre de vie. Dupant le matin d'honnêtes marchands , pour se laisser duper le soir par ces intrigants dont Paris fourmille , voilà , madame , voilà la conduite de mon neveu ; mais j'y mettrai bon ordre , et je ne repartirai pour TAmérique qu'après l'avoir logé entre quatre murailles.
CHAMPAGICE, àpan. «
Malgré notre adresse , il faudra donc en passer par là.
8o COOTRE-TEMPS SUR CONTRE-TEMP^
MA&A.MB VERVAL. "^'V
Il me semble que la douceur serait préférable*..*
DÛPRIÉ.
Vous auriez raison , s'il s'agissait de'.rétoitfdçrie d'un moment ; mais une incouduite aussi a^dlÉtenue bannit toute idée d'indulgence.... Un malheuretck que je ne connais pas, que je n'ai jamais vu, et à qui je ne me suis attaché que par considération pour la mémoire de mon frère.... * .
MADAME VERVAL
Souvent une liaison dangereuse noiis égare, et un jeune homme honnête , mais facile , se laisse aller aux insinuations....
DIIPRÉ.
C'est cela en partie , madame ; vous avez deviné. Mon correspondant m'écrit qu'un malheureux valel est la cause de sa perte.
CHAMPAGNE, à part.
On s'est aussi occupé de moi.
'DIIPRÉ.
Un fripon que je lui ai cent fois* ordonné de chasser, et dont il préfère les services intéressés à l'attachement que j'avais pour lui. Ils sauront tous deux ce qu'on gagne à m'offenser.
ROSE, à Cliampagiir.
Il ne plaisante pas.
» CHAMPAGNE, à Rov.
Je le vois bien.
DU PRÉ
Oh! je me vengerai, je me vengerai. Je ferai en-