‹ Œuvres complètes de Pigault Lebrun (volume 3)Chapitre 112 sur 340 · ACTE I, SCÈNE IV. i3i · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IV. i3i

Elle rentre un peu tard.

DE LIMEtJI^L.

N'importe, il faut J'attendre.

MARTON

Eh bien , je l'attendrai.

DE LIMEUIL

Quelqu'un Test venu prendre ?

Le marquis de Montfort.

DE LIMEUIL

Ce joli cavalier Qui raisonne de tçut? x

MARTOlf.

11 devient familier.

DE LIMEUIL

Puisqu'il plaît à madame', il doit être estimable.

MARTON

Oh ! sans difficulté.

DE LIMEUIL

Si vous étiez capable De vous imaginer....

MARTON

Je n'imagine rien.

Taisez-vous.

MARTON

Je me tais.

DE LIMEUIL

Et vous faites fort bien.

Je n'aime pas du tout que chez moi l'on s'ingère

i3i LA JOUEUSE.

De vouloir pénétrer....

MARTOW.

Vous êtes bien sévère !

(A part. )

Madame est plus facile , elle nie répondra.

DE LIMKUIL.

Mdntfort Test venu prendre ; il la ramènera.

MARTON

Je le crois comme vous.

DE LIMEUIL

Dès qu'il l'aura laissée , Vous viendrez m'avertir.

M ARTON , i part.

Dussé-je être chassée , Mon devoir me l'ordonne, et je veux l'avertir....

Si vous parliez plus haut, vous me feriez plaisir.

MARTOTT.

Tout comme il vous plaira. Mais dites-moi, de grâce, Pour obtenir la paix,, ce qu'il. faut que je fasse? Si je parle trop haut, soudain vous m'arrêtez; Si je parle trop bas , vous vous inquiétez : Moi, je ne saisique Êiice..

DE LIMEUIL

obéir et répondre.

MARTON

Tenez, mon cher monsieur , je ne puis me refondre. - Vous voulez que je parle,: eh bien , je parlerai, Et, si ^ous l'e^li^ea, après je me tairai; Mais je serai cbntente.

• A.CTE I, SCÈNE IV. i33

DE LIMEUIL

£h bien y parlez.

MARTOW.

Madame....

DE LIMEUIL

Voyons, qu'a-t'elle fait?

MARTON, à part.

Je vais lui percer Tame.

Dois-je lui découvrir....

PE LIMEUIL

Enfin, parlerez^vous ?

MARTOSr.

C'est que je crains vraiment d'affliger un époux Si sensible et si bon.

DE LIMEUIL

, Parlez, je vous l'ordonne.

MARTOW.

Je ne résiste plus ; mais ne vient-il personne ?

DE LIMEUIL

(A part. ) (Haut.)

Que va-t-elle m'apprendre? Eh, personne ne vient. Après?

MARTOW.

Je ne sais pas, monsieur, s'il me convient D'oser vous révéler

DE LIMEUIL

Ce que je sais peut-être , ; * Et beaucoup mieux que vous.

MARTON

Cela pourrait bien être ,

i34 LA JOUEUSE.

Les hommes ^ont si fins!

DE LIMEUIL

Je ne me pique pas D'être très-pénétrant.

MA.RTON.

La comtesse, en ce cas, Vous a tout avoué, n'est-il pas vrai?

DE LIMEUIL

Sans doute.

MARTON

Je ne l'aurais pas cru.

DE LIMEUIL

Pourquoi ?

MARTOW.

C'est qu'il en coûte De faire un tel aveu , surtout à son époux.

DE LIMEUIL

Ma femme me connaît, je ne suis pas jaloux..

MARTON

Aussi , n'avez- vous pas , monsieur , sujet de l'être.

DE LIMEUIL

( A part. ) ( Hant. )

Bon. Et je suis très-loin , Marton , de le paraître. Nos cœurs sont trop unis....

M A.RTON.

Je vous réponds du sien.

Si comme votre honneur ménageant votre bien....

Ma femme joue? Eh bien, il faut qu'elle s'amuse. - Elle perd. Que veux-tu ? son âge est son excuse.

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