‹ Œuvres complètes de Pigault Lebrun (volume 3)Chapitre 113 sur 340 · ACTE I, SCENE IV. i · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE IV. i

Je me fais une loi de remplir ses désirs.

MARTOI7.

C'est qu'ils sont un peu chers.

DE LIMEUIL

Il lui faut des plaisirs.

J'épargne, elle dépense.

MARTON

Âh ! quel cœur ! Si madame. . . .

DE LIMEUIL

Je suis fait pour payer les dettes de ma femme.

MARTOir,

Vous avez tout payé?

DE LIMEUIL

Oui, Marton.

MARTOST.

Quand?

DE LIMEUIL

Ce soir.

MARTOÎT.

Le marquis deMontfort..,.

Exprès m'est venu voir.

MARTON

On lui devait beaucoup.

DE LIMEUIL

Non , une bagatelle.

MARTON

Quarante mille francs!

DE LIMEUIL, à part.

Grand Dieu ! que m'apprend-elle !

i36 LA JOUEUSE.

( «ant.)

Quarante mille francs , qu'est-ce donc que ciela ? Je ne m'affecte point de ces vétilles-là

Vous êtes généreux!

DE LIMEUIL

Non, je suis équitable.

Je commence à vieillir;* ma femme est jeune , aimable : Je ne peux, mon enfant, lui tenir lieu de tout. Le jeu lui fait plaisir , qu'elle suive son goût.

MARTON pîqaée.

Je croyais seule avoir toute sa confiance.

DE LIMEtJIL.

J'avais aussi mes droits à cette confidence.

Je le vois bien, monsieur.

DE LlMEUlL.

. Ecoute-moi , Marton.

Depuis quinze ans et plus, tu sers dans ma maison. Tu m'as toujours trouvé bon et généreux maître : A mes premiers bienfaits j'ajouterai peut-être. Ton sort est dans tes mains ; c'est à toi d'y penser. Si de ce que j'ai dit, un mot vient à percer, Je te chasse à l'instant.

MARTON

La belle récompense !

DE LIMEUIL

Mais aussi je saurai reconnaître un silence....

MARTON

Ah! j'entends; ce secret....

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