‹ Œuvres complètes de Pigault Lebrun (volume 3)Chapitre 14 sur 340 · VALÈRE, SEUL · texte numérisé non relu

VALÈRE, SEUL

Je ne m'attendais pas à soufirir un caprice. Ah! ce sexe cruel est pétri d'artifice! Il rit de notre amour , de nos soins empressés ; Il aime à déchirer les cœurs qu'il a blessés. Malheur à l'insensé qui sous ses lois s'engage !

Il sait farder son ame ainsi qU6 son visage.

Le plus fidèle amant.... Mais pourquoi ce courroux ?

Le destin me poursuit , il faut braver ses coups.

Doit'On brûler en vain d'une ardeur immortelle ?

On peut rire à la fin des rigueurs de sa belle.

Qu'un ' amant espagnol fredonne ses douleurs :

L'amour français e$t né pour voler sur les fleurs.

Je suis congédié^ je ris de ma disgrâce.

Je perds une maîtresse, une autre la remplace..*.

Que dis-je ? je l'aimais , je la chéris encor ,

Et je veux à Micandre enlever ce trésor.

Je prétends rassurer sa timide innocence;

La vertu cède enfin à la persévérance ,

Et je vole à ses pieds , par un dernier effort,

Faire parler l'amour, et décider mon sort.

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