PIGA.RD
L'aisance et la paresse ! Sais-tu ce que le sort nous réserve ? Qui t'a dit que nous ne ferons pas une fortune, et que tu ne pourras pas enfin te livrer à ta passion dominante?
Louisoir.
Je conviens que j'aime le repos, et que je ferais un cas particulier de l'être aimable qui m'en assurerait la jouissance ; mais cela te paraît-ii bien aisé?
PICARD
Rien de plus facile , mon cœur. Pour faire fortune au service, il ne faut que connaître ses maîtres et flatter leurs passions. J'ai servi deux ans le marquis de Verville; je lui ai rendu de ces bons offices que les grands seigneurs n'oublient jamais , et qu'ils paient au poids de l'or.
liOnisoN.
Monsieur Picard, vous n'êtes pas délicat.
PICARD
Au contraire, mon enfant. C'est par excès de délicatesse que je n'y ai pas regardé de si près. J'ai envisage comme excellens tous les moyens de me rapprocher de ma Louison.
' Lonisoir.
^ Je dois au moins te savoir gré du motif.
PICARD
Je t'assure que si le comte d'Elmont, mon nou-