ACTE I, SCENE I. an
PICARD
Oui; mais en attendant qu'il ouvre les yeux, nous tirerons parti de son aveuglement. Le marquis est de ces gens qui font circuler les vices sous l'enveloppe des grâces. Un jeune homme, échappé des mains ' d'un gouverneur, a plus d'envie de copier ces importans freluquets, que de prudence pour se garantir de leurs séductions , et je vois que dans tous les temps le marquis de Yerville doit être l'agent de ma fortune.
LOUISON
Monsieur Picard y écoutez -moi bien. J'aime, j'estime , je respecte mes maîtres. Si vous voulez que nous soyons amis , vous partagerez mon dévouement pour eux. Loin de tendre des pièges au comte , j'espère que vous m'avertirez d^ folies où on pourrait l'entraîner. Souvenez -vous que je ne serai jamais la femme de quelqu'un quî| à la faveur d'un peu d'or mal acquis, me ferait épouser les vices et les ridicules d'un marquis de Verville.
PICARD. V
Tudieu ! ma princesse , quel flux de morale ! Si je t'en croyais , de valet de chambre je deviendrais précepteur.
LOUISOIf.
' Pourquoi non?. La fortune t'a .placé au dernier rang; mais tu peux tirer parti de ta situation. Un galant homme sait toujours se faire estimer.
PICARD
Ah! voilà de la philosophie, à présent* Je vois
a la L'ORPHELINE.
bien que dans ce château la conversation est souvent montée sur le ton sérieux. <
LOUISOir.
Paix. J'entends quelqu'un. C'est le comte de Valbourg. Levé si matin !
PICAAD.
Effectivement à l'heure qu'il est, nous pouvions espérer de prolonger notre tête - à - tête. Il &ut qu'il soit violemment épris. Celui-ci , du moins , nous sera bon à quelque chose.