SCÈNE III
VALBOURG, SEUL.
. Cœur sensible d'un père, cœur depuis si longtemps agité, n'auras-tu jamais de repos? Julie, enfant infortuné, que je vais voir peut-être marquée du sceau de Tinfamie, ô ma fille, me pàrdonneras-tu ta naissance, si les lois- te condamnent à l'oubli? Et toi, amie fidèle, qui élevas; sans le connaître, le fruit malheureux de l'amour le plus tendre, tu ne soupçonnes pas les alarmes qui me poursuivent. C'est aujourd'hui le jour. La mémoire de ma femme, mon' sort, celui de ma fille , tout va, dans peu d'instans, être irrévocablement fixé. L'incertitude de mon avenir me tourmente. O vous , qui gémissez sous le poids de l'indigence et des calamités, voyez mon sort, et apprenez à bénir le vôtre ! Une main barbare ne vous arrache pas vos femmes , vos enfans. Au milieu de vos peines, leurs caresses, leurs larmes 'même sont
votre consolation.*... Le pain trempé de vos sueurs
perd son amertume entre la nature et l'amour. Et moi ma femme ma fille ma Julie