‹ Œuvres complètes de Pigault Lebrun (volume 3)Chapitre 178 sur 340 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

VALBOURO, LA COMTESSE.

Vous voilà descendu bien matin , mon ami. Depuis que vous êtes chez moi , le sommeil semble vous fuir.

VALBOURG.

Il est vrai , madame , que depuis quelque temps je dors bien peu.... mais mon cœur serait moins tranquille encore à Paris qu'ici. .

LA COMTESSE

Qui peut troubler votre tranquillité ?ï)e la fortune^

ai6 L'ORPHELINE.

de la santé , de la considération , vous aveé tout ce qui rend la vie douce. L'amitié, la tendre amitié vient l'embellir encore, et vous ne seriez pas heureux! Que vous manque-t-il?

VALBOURG.

Le premier des biens; le repos de l'ame.

LA COMTESSE

Vous m'inquiétez.

VALBOURG.

Mes peines ;ie sont pas nouvelles. Depuis quinze ans elles sont renfermées là.

LA COMTESSE

Et pas un seul moment de confiance qui m'en ait rendu dépositaire! Ah! Valbourg!-

valbour'g.

Le triste' plaisir de vous parler de mes chagrins m'aurait-il consolé de vous les voir partager? J'ai souffert; mais seul. J'ai vu mon amie heureuse, et j'ai quelquefois eu la satisfaction de contribuer à son bonheur. ^

la comtesse.

Achevez donc, cruel homme, et prouvez-moi que je suis en effet votre amie. Quels sont ces chagrins ?

VAXBOURG.

Rappelez-vous, comtesse, les premiers temps de notre intimité, EHe commença lors de la mort de votre époux. Une même mélancolie s'était emparée de nos âmes , et ce sentiment accrut et cimenta notre amitié. Nous étions tous deux victimes d'une douloureuse séparation.

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