‹ Œuvres complètes de Pigault Lebrun (volume 3)Chapitre 191 sur 340 · E11VII.LE · texte numérisé non relu

E11VII.LE

Et OÙ en es- tu avec elle?

d'elmowt.

J'espère m'en faire aimer avec le temps.

Charmante perspective, en vérité! Tu vas donc brûler d'une belle passion, sur l'espoir d'un retour incertain , qu'on aura peut-être encore la cruauté de te cacher?

d'elmowt.

Mais que veux-tu que je devienne ?

VERVILLE

Heureux, mon ami, heureux. C'est par là qu'il &ut commencer.

d'elmowt.

J'attenterais à son innocence ! Je n'ai pas encore osé en concevoir l'idée.

VERVILLE

11 est donc fort heureux que je sois venu ici pour te la donner.

d'elmont.

Tu trouveras bon que je la rejette.

a 34 LX)RPHEUNE.

VEEVILLE.

Comaie tu voudras. Mais crois-tu que tout le monde se piquera d'une semblable délicatesse? Tu m'as déjà parlé d'un comte de Valbonrg : c'est un égrillard ; je 5ais de ses nouvelles. On m'a dît qu'il a\'ait fait des siennes autrefois. Il est vrai qu'il est un peu mûri depuis ce temps-là ; mais le diable est si fin , et une vertu de quinze ans est si fiiible !

n'iLiiiroiiT.

Ah! marquis, qu'oses^tu dire? Julie est aussi sage qu'elle est belle, j'en suis certain. Pour te comte, il m'avait vivement inquiété; mais Julie vient de me rassurer.

VERVILLE

Comrpept cela?

d'elmont.

Elle m'a protesté qu'elle ne l'aime pas.

verVi lle.

D'après cela , tu dois être tranquille. . Ces petits

êtres-là ne trompent jamais.

d'elmont.

Puis-je soupçonner qu'à son âge....

ver VI RLE.

Innocent ! Son âge ! en fait dlntrigue , une feinnie

est toujours majeure.

d'elmont.

Tu n'as pas du sexe une idée bien avantageuse. Mais, mon ami, il est d*heureuses exceptions....

VERVILLE

Oui , mon ami , et tu ne doi^ pas douter que la nature n'en ait fait une en ta faveur.

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