ACTE 1, SCENE XL
o'elmokt.
Geasan& d^ plai&anler, marquis: ne {]iwx**tu élre raisonnable un moment?
VERVILLS.
Ratsaiiner un iitoment ! ôh ! c'est bien d«ir. N'importe , il faut faire quelque chose pour ses amis. Raisonnons donc; mais soypns brefs. Voyons, consultetoi bien , et quaqd b nature de ton amour sera constatée, noi|s avii/erong aux moyens die le CQuroimer.
d'elmqivt.
Qb ! nion amour esit tout ce qu'il peiit être.
C'e^-r9-dire violent, d$ins toute U force d\k terme. U est au"dessua de l'expression.
VERVILLE
Le mal est sérieux , il faut le guérir. D'abord je xw suppose pas que tu veuiltes faire la grande foKe ?
d'elmont.
Et laquelle?
y£RV(LLR.
Epouser.
L'épausf^..*. Ah! si j.'osais<>^4 si mam^r<e»...
VBRVÏLLE.
^entends. Si tu étais ton maître....
Je pe b^l^^nceraiiii pa;^. i .
Mais tu ne l'es pas, heureusement. Tu as un nom ,
a36 L'ORPHELINE.
un état, une fortune considérable , et, par-dessus tout cela , une mère à ménager. Tu vois que je raisonpe comme un autre , quand je veux m*en mêler.
d'elmont.
Ma mère m'aime tant! On pourrait la pressentir. Si tu voulais t'en charger?
VERVILLE
Tu te moques de moi. Elle me rirait au nez , et me tournerait les talons : voilà probablement la réponse que j'en tirerais. Tirais lui proposer de t'unir à une petite fille , que tu ne regarderais seulement pas sans ce minois chiffonné qui te tourne la tête ? Si elle avait de la naissance et cent mille livres de rente , je me chargerais de la commission , et je pourrais réussir ; mais Julie , dénuée de tout cela , ne peut être ta femme. Faisons-en donc ta maîtresse.
d'elmont.
La dégrader! l'avilir! non, jamais.... Je voudrais savoir ce que pense ma mère. J'ai tant de ressources dans sa tendresse!
VERVILLE
Sais-tu à quoi te mènera ton obstina,tion ? Je vais te le dire. Ta mère , une fois dans le secret , prendra de sages mesures , et fera bien. On te ménagera, on t'amadouera , et , un beau matin , on fera monter ta Julie en voiture , et on la conduira dans quelque province éloignéte. Peut-être même l'officieux Valbourg se chargera-t-il de la conduire. Non , mon ami , ce n'est pas ainsi que se mènent les affaires.