‹ Œuvres complètes de Pigault Lebrun (volume 3)Chapitre 198 sur 340 · SCÈNE L · texte numérisé non relu

SCÈNE L

JULIE, VALBOURG.

JULIE

Ouï, monsieur le comte, c'est d'amour qu'il m'aime, et il vient de me le dire.

VALBOURG.

Et c'est la première fois qu'il vous le dit ?

JULIE

Oui ; mais je m'en étais bien aperçue.

VALBOURG.

Et l'aveu qu'il vous en a fait ne vous a pas déplu ?

Au contraire. Il est si aimable!

VALBOURG.

Vous l'aimez donc aussi ?

JULIE

Oh ! j'en suis folle.

VALBOURG.

Le sait-il ?

JULIE

Il ne le saura jamais.

VALBOURG.

Et pourquoi?

JULIE

Voulez-vous que je chagrine ma bonne maman? Mais, tenez , si j'en dis davantage....

VALBOURG.

Parlez, parlez, mon enfant. Accordez-moi votre confiance : je n'en suis pas indigne.

JULIE

Vous voyez bien que je ne vous cache rien. Ce n'est pas que je veuille avoir des secrets pour maman; mais si je peux lui épai^er des inquiétudes.... Vous sentez bien, monsieur le comte, que je ne dois pas penser à être la femme de son fils.

Julie , vous ne vous connaissez pas encore .

JULIE

Hélas! non. C'est ce qui me fait désespérer....

VALBOURG.

Un jour de plus peut apporter un grand changement dans votre situation.

JULIE, vivement.

Quoi! maman auratt-ellevu?... penserait-elle?... Ah! monsieur le comte , je vois bien que vous savez tout... Dites-moi donc... parlez, parlez, mon boa ami, soulagez mon cœur. Pense- 1 -on vraiment à me faire épouser mon petit frère? Quelle bonté! quelle générosité!

VALBOURG.

Je ne crois pas , mon enfant , qu'on en ait formé le

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