SCÈNE L
JULIE, VALBOURG.
JULIE
Ouï, monsieur le comte, c'est d'amour qu'il m'aime, et il vient de me le dire.
VALBOURG.
Et c'est la première fois qu'il vous le dit ?
JULIE
Oui ; mais je m'en étais bien aperçue.
VALBOURG.
Et l'aveu qu'il vous en a fait ne vous a pas déplu ?
Au contraire. Il est si aimable!
VALBOURG.
Vous l'aimez donc aussi ?
JULIE
Oh ! j'en suis folle.
VALBOURG.
Le sait-il ?
JULIE
Il ne le saura jamais.
VALBOURG.
Et pourquoi?
JULIE
Voulez-vous que je chagrine ma bonne maman? Mais, tenez , si j'en dis davantage....
VALBOURG.
Parlez, parlez, mon enfant. Accordez-moi votre confiance : je n'en suis pas indigne.
JULIE
Vous voyez bien que je ne vous cache rien. Ce n'est pas que je veuille avoir des secrets pour maman; mais si je peux lui épai^er des inquiétudes.... Vous sentez bien, monsieur le comte, que je ne dois pas penser à être la femme de son fils.
Julie , vous ne vous connaissez pas encore .
JULIE
Hélas! non. C'est ce qui me fait désespérer....
VALBOURG.
Un jour de plus peut apporter un grand changement dans votre situation.
JULIE, vivement.
Quoi! maman auratt-ellevu?... penserait-elle?... Ah! monsieur le comte , je vois bien que vous savez tout... Dites-moi donc... parlez, parlez, mon boa ami, soulagez mon cœur. Pense- 1 -on vraiment à me faire épouser mon petit frère? Quelle bonté! quelle générosité!
VALBOURG.
Je ne crois pas , mon enfant , qu'on en ait formé le