‹ Œuvres complètes de Pigault Lebrun (volume 3)Chapitre 197 sur 340 · ACTE I, SCÈNE XV · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE XV

seuls à celui qui n'aurait dû sentir que le témoignage d'une bonne conscience.

d'elmowt.

Ah ! ma mère , quel tableau vous m'ofFrez ! Seraitil possible qu'en effet je devinsse vicieux? Ah! Verville, pouprais-tu m'égarer?

N'en doutez pas, mon fils. I/air que respire un homme sans mœurs est empoisonné, et la vertu la plus pure perd , en l'approchant de trop près , sa fraîcheur et son éclat. Quel peut être l'objet de vos longs et fréquens entretiens?... Vous vous taisez, mon fils: vous craignez de rougir devant moi. Il ^st des aveux pénibles qu'une mère ne doit pas entendre; mais nous avons un ami commun, sage, discret, à qui vous pouvez vous ouvrir. Monsieur de Valbourg....

D ELMONT, avec indignation.

Me confier à lui , ma mère ! Non, jamais.

LA COMTESSE

Qu'entends-je ? l'aurait-on déjà calomnié près de vous ? Tremblez. Si l'on cherche à vous rendre sa vertu suspecte, on a juré votre ruine.

d'eLMOITT, hors de loi.

Sa vertu!.... malheureuse Julie!

LA COMTESSE

Vous refusez de vous confier à moi, à monsieur de Valbourg? Votre réserve m'afflige, je ne vous le cache pas. Voilà le premier chagrin que vous me causez, d'Elmont : laissez-moi du moins espérer qu'il ne sera suivi d'aucun autre. J'exige que vous rompiez entiè-

î44 L'ORPHEIJNE.

rement avec monsieur de Verville : c est le seul moyen de m'assurer de vous. On s y prendra de manière à ne pas vous compromettre. Si une lettre, que monsieur de Yalbourg attend ce matin , ne rend pas ici ma présence nécessaire , j'irai dîner avec Julie au château de Tourville : vous nous donnerez la main. Monsieur de Yalbourg restera avec le marquis. Il vous excusera facilement près de lui, et saura adroitement nous en défaire. Tu me feras ce sacrifice, n'est-il pas vrai , mon ami ? Tu le dois à ma tendresse. C'est le fatal ascendant que cet homme a pris sur toi , qui me ferme ton cœur ; mais son empire détruit , celui de la nature et de la vertu va renaître. Nous dînerons ensemble : Julie y sera. C'est ta petite sœur, tu l'aimes... viens mon fils , viens, mon ami.

( EUe TembraMe » et sort avec loi. )

FIN DV PBÊMIËR ACÎTlî.

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