‹ Œuvres complètes de Pigault Lebrun (volume 3)Chapitre 230 sur 340 · ACTE III, SCENE V. ^S^j · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE V. ^S^j

ton valet a eu aujourd'hui plus de probité que toi. Tu dégradais une innocente qui n'a eu envers, toi d'autre tort que de t'aimer^; tu la livrais au mépris de Verville^ k l'insolence , et .peut-être aux outrages de ses gens. {^D'Elmont se jette dans les bras dé sa mère.) Ah! d'£lmont, d'Elniont, je t'ai pardonné, je ne m'eti repens pas ^ mais n'oublie jamais les malheurs que tu allais causer.

' d'elmont.

Ijes oublier, ma mère! Non, jamais. Ah! un amour efFréné pouvait seul m'étourdir sur mon crime.

LA. COMTESSE

Le crime était-il le seul moyen qui pût te rendre heureux? T'aurais -je refusé une fille aimable et vertueuse, que je regarde comme mon enfant?

d'elmont.

Quoi , ma mère, vous me l'auriez donnée!

L A COMTESSE

Qu'ai-je cherché que ton bonheur, depuis que tu

respires?

d'elmoitt.

Ah! Julie.... Julie me pardonnera-t-elle? Madame,

je n'espère qu'en vous. Plus je l'ai outragée, plus je

ferai d'efforts pour me rendre digne d'elle.

LA COMTESSE

Voilà la noble ambition où je reconnais mon fils, Oui, mpp ami, Julie se rendra à mes prières ; je crois pouvoir m'en flatter.

d'ej^mckt*

Mais, itidiàdime.... (A i^ec timidité.) Valbourg»..» Je Tai vu je l'ai entendu

^88 L'ÔRPHEUNE.

LA COMTESSE

Il est des cas oîi rhomme sage ne doit s'en rapporter ni à ses yeux, ni à ses oreilles. Quarante ans d'une conduite irréprochable, mon amitié et mon estime «taient des titres qui devaient démentir TévideDce même. Vous frémirez, jeune homme, quand vous crainaîtrez l'étendue de vos torts envers cet homme respectable.

d'elmont. *

Ah ! madame , il suffit que vous l'aimiez encore pour qu'il soit justifié.... Cependant ces caresses de Yalbourg xmt quelque chose de suspect.

Là. COMTESSE.

£h bien, monsieur, puisque mon témoignage n'est pas suffisant pour vous désabuser, apprenez tout. Apprenez que ces caresses, qui vous alarment tant, ont leur source dans la nature.

d'elmont.

De grâce, expliquez- vous.

LA COMTESSE

Cet homme qui parlait de l'établissement de Julie ^ i>e s'occupait que de vous. Il pensait au moyen d'unir votre sort à celui de cette aimable enfant. Cet homme qui la j)ressait dans ses bras, se livrait au plaisir innocent d'embrasser une fille digne de lui, et c'est l'amour paternel que vous avez osé caloainier et proscrire.

d'elmont.

Julie serait sa fille !

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