ACTE I, SCENE IX. 3i
FORf AIÇVILI.K.
Kersalec est charmante. n
JJSROME.
Sage.
FORFA.1VVILLE.
La belle Kersalec l'est aussi.
Suivons la comparaison. Quand je parlais de mon amour, un soufflet , une égratignure étaient sa réponse.
FORFAIÎVILLE.
Oh! une fille de condition....
jiROME.
Ne donne point de soufflets, ne fait pas d'égratignures; mais elle met sa vertu en avant, fait la moue, et les affaires n'avancent pas.
FORFAWVILLE.
Tu as du discernement , pour un homme du peuple. Et comment t'es-tu tiré de là ?
/ JEROME
Tout est parti d'ici. Je sais écrire , Pérette sait lire, et je me suis dit : Quand je parle de ma flamme amoureuse à la veillée, il faut qu'elle me batte, il y a des témoins ; mais je lui conterai une déclaration en forme de lettre ; elle la lira en menant ses chèvres aux champs ; elle la lira en les ramenant; elle la saura bientôt par coçur. Si elle ne m'aime pas , elle sera fière d'avoir un serviteur , et qu'elle se donne à moi par orgueil ou par amour , elle est sage , ainsi , que m'importe à moi? Eh bien!. monsieur, la nature est
3i6 LE MARCHAND PROVENÇAL.
la même dans tous las états. Mademoiselle de Kersalec lira ce qu'elle ne doit pas entendra. Yous Yxtez ëevée, et la reconnaissance, jointe à ce que vous.... à ce qu'elle.... EnBn, si elle lit la première lettre, elle est à nous.
FORFAWVILtE.
Si elle allait me coinproniettre ?
JIÉEOME.
C'est le sedi article sur lequel lei^ femmes Sfdwnt discrètes.
FORFAWVILLl.
Mais, ta position était bien dtffk'ente de la mienne.
JÉROMB.
Raisoti de plue pour qu'elle ^arde le silesKCe. Un ménage bf ouille ; un oncle qui mvÀ ferait mettre l'épée à la main.... C'est une fille prudente, je vous réponds qu'elle se taira.
f ORFANVILLE.
Allons, j'écrirai.
JEROME, k part.
Fabrice aura la fille.
FORFAlfVILLÉ.
Je tai^ toat préparer pour l'attaque , dt prévoir ti aoéântir les moyens de défense.