ACTE I, SCÊKE ly. Jgî
GHABLES.
T^ vérité. Caché dans la foule , je vois , j'observe , et j'entends. I^es grands éblouissent le peuple ; cepen-. dant , ce peuple juge les grands.
CAROLINE
Les intentions du comte peuvent être pures. Il veul; te protéger, te placer avantageusement.
CHARLES
Sa protection excite mes mépris ^ se$ bienfaits me révoltent. Ne m'en parlez jamais.
CAROLINE
Bazile,je devais suivre mon premier mouveMient* ( A son mari. ) Ma confiance m'a égarée ; j'a^^^reçu une bourse
Une bourse du comte de Préval ?
CAROLIBTE.
La voilà.
CHARLES
Malheureuse ! qu'as-tu fait ? C'est peut-être le prix dont il compte payer ta vertu.
CAROLINE, jetant la bourse.
Loin de moi ce métal funeste.
CHARLES
Oui , métal funeste , qui tient lieu de tout à ceux qui le possèdent, et auquel ils pensent que rien ne peut résister.
B A Z I L £ , ramassant la bonrse.
Il faut pourtant s'assurer, avant tout
384 CHARLES ET CAROLmE.
N'en doutez pas, madame, monsieur de Préval,anîi intime du ministre, n'a qu'à parler pour obtenir. Le digne homme que mon maître! Combien de malheureux il a sauvés du désespoir ! Je vous l'ai dit , il n attend pas qu'on le sollicite : ses secours vont au-devant de celui qui souffre. Il est riche, il est puissant, et il ne fait que du bien.
BAZILË.
C'est un homme rare.
CA.IIOL1NE, avec réflexion.
Mais , dites-moi , monsieur , par quel hasard monsieur le comte nous a découverts ? comment il a formé le projet.... C'est que tout cela n'est pas clair.
LA FLEUR
c'est moi, madame, qui suis chargé des informations. C'est moi qui vais partout, qui vois tout, qui lui recommande les honnêtes gens à qui il peut être utile.
B A Z I L E , avançant une chaise.
Asseyez-vous, s'il vous plaît, monsieur.
LA FLEUR
Je vous ai suivi les jours de repos ; j'ai épié vos démarches, vos actions. J'ai vu une famille respectable éviter les lieux publics, s'écarter de la foule, paraîtn se suffire à elle-même
BAZILE
Comme une antichambre vous donne d'I'esprit !
LA FLEUR
J'ai vu une femme jolie, avec des grâces modeste:! un enjouement réservé... {^Apart, ) C'est monsieur
m CHARI^ ET.CAROUNE.
CAHOLIKE.
Je ne preodrai rien Rurmotjflgoa^eur. (^ Bazite.\
Charles devrait être ici {j4 La /V^ur.). Attendez mon
mari , je vous en prie ', YQUS vous expliquerez avec lui.
LA FLEUB.
Je le voudrais de tout .mon œur ; mais j'ai encuie
des infortunés à visiter. Il est tard, et il &ut que je
rende coiçpte ce soir des opérations, de la journée. Je
vous laisse , madame , et je resiporte- une £<»inie que
je vous offrais avec un plaisir bien vrai. Je préwis un
effet défavorable du rapport que j« serai q^ligé de
faire; mais, vous le voulez
BA.ZJI.E.
Prenez, Caroline, prenez; quitte à ie oeadiv, si Charles n'est pas content.
CAROLIHE.
En vérité, monsieur, je ne sais si je dois... sij« peux....
LA FLECR, lui rnamuttU benne.
Vous acceptez.^
CAROLINE
Oui , monsieur.
LA TLXUS, i put.
■ Vous en paierez l'intérêt.
CAROLINE
Mais pour un moment : c'est à Chxrles à preodir un parti....
LA FLEUE, 1 faa.
Je prends le mien, (ffrait.) Adieu , madame. J'opère dans peu vous apporter des nouvelles conso-
388 CHARLES ET CAROUNE.
BAZILK.
Ah, VOUS en revenez toujours là! Ce comte de Verneuîl, est-ce un tigre, est-ce un diable? C'est un homme , c'est un père.
Il est furieux.
Il s'apaisera.
CAROLINE
Je n'ose l'espérer.
Et vous avez tort. D'ailleurs , il est loin, et quacd i' serait ici, vous avez épousé-son fils sans son coasentement : c'est eune faute, c'est pas un crime. iTit-i' pas été jeune , vot' beau-père ? N'a-t-i' pas fait des frasques aussi ? les a-t-il oubliées ? Et pis , n&esvous pas sage , n'étes-vous pas jolie ? Tout ça ne vauty pas ben queuques écus 1* Laissons faire le temps ; c'est' un grand maître , il arrange tout. J'entends Chartes. Ecoutez comme i' monte l's'escaliers en courant. Ah! vous riez, Caroline. Le Gis va faire oublier l'père.