‹ Œuvres complètes de Pigault Lebrun (volume 3)Chapitre 279 sur 340 · CAR · texte numérisé non relu

CAR

Du crédit.

A la faveur duquel

Ah! mon dieu!

Il t'offre l'un et ^

CHARLËf

Caroline, te Cf c^ Non, mon ar

Ce n'est paf

C't'hommf

La mais< pi de libei

Ah! H

3^4 CHAttU» ET CAROUNE.

CHARLES, tirant ua petit uc.

Voilà de i'grgent , Caroline ; voilà le seuï qae tu pitM9es pcendre. Il ne coule rien à ma déifOiteste;

il est le fruit de mon travail. Laisse cet or, son aspect me fait mal. Le pain (jii'il te procurerait serait un pain de douleur, de honte et de renaopds. Donnezmoi cette bourse, Bazile.

V'ià de beaux raisonnemens. faut en convenir.

CH ARLF.&.

Va, Caroline, va préparer un repas frugal, et n'oublie jamais que la pauvreté peut être respectable, guand le courage sait l'ennoblir.

CAROLINE

Bazile était présent. Cliarles, fu me pardonnes?

Sa bonhomie, ta confiaDce, ne sont pas des crimes.

Va , mon amie , l'innocence n'a pas besoin de pardon.

( Ib l'umbnswDt; Cnvline «Ici. Ituilc et Charles entrent dani le Eitbinet avec l'eafam. )

fty DO PRFMIEB ACTKi

396 CHARLES Eï CAROLINE.

eu A R LES.

Quoi, tu veux t'exposer....

SAZIZ.E.

Pourquoi pas? Est-ce que tu penses que je ne dirons ses vérités à un grand seigneur, tout comme a un autre, donc?

CHARLES

Brave garçon !

BAZIL£.

Ah ça, mais écoute donc , toi : es-tu bien sûr qu'il a ces desseins-là? car

CHARLES

Et si je n'en étais certain , refuserais-je les avantages qui me sont offerts?

C'est-à-dire que ce comte est un mal-honnête

homme ?

CHARLES

Oui, un malhonnête homme, c'est le mot.

BAZILE

Hé hen, laisse -nous faire. Si c'comte ou si c'valet avec sa langue dorée, rentre ici, je les arrangerons.. CHARLES, r£vant.

Bazile ?

BAZILE

Queuqu'c'est ,

CHARLES

Est-ce la première fois que ce valet parle à ma femme ?

3t)8 CHARLES ET CAROLINE.

CHAHLES.

Veille avec mol sur ma Caroline. Ta es feeile ; mais droit. Te voilà instruit. Si la jeunesse, si l'inexpérience de ma pauvre femme tournaient contt^ elle et contre moi....

BAZILK.

Queu que tout ça signifie? Quoi! parce que c'te femme est pauvre, a' n'sera pas honnête? J'soinmes donc un fripon, parce que j'n'avons que nos bras? C'te femme qu'a tout quitté pour aller partout où t'a voulu la mener; qu'a tout souffert sans se plaindre; qu'aime tant son enfant ; qui n'voit que toi , qui n'pense qu'à toi, c'te femme va oublier tout ça parce qu'un laquais habillé de rouge vient de l'i parler? N'es-tu pas honteux, dis, d'penser ça d'elle? Queu que tu dirais si elle avait peur qu'tu t'retournisses du côté de ton père, et qu'tu la piantisses là, elle et sa Cécile? Trouverais-tu ça à sa place?

CHABLES

Si elle doutait de mon cœur, si elle en soupçonnait un moment la pureté et la droiture....

BAZILE

Eh ben , pourquoi nVelix-tu pas qu'elle soit aussi forte qu'toi? Pourquoi ne ferait-elle pas son devoir, comme tu fais l'tien ? N'vois-tu pas ben que ta pauvreté, avec toi, l'i est pus douce qu'la richesse avec un autre? Elle est jeune; raison de plus pour Ri plaindra et l'aimer. Elle n'a pas d'expérience ; veille pour ei\e, vois par tes yeux, et ne t'en rapporte pas à un ami à qui tu n'te Berais peut-^tre pas. Ton travail

3()o CHABLES ET CAROLINE.

me parler. Que me veut-il ? Qu'a-t-il à ra'apprendre? Il paraissait attendri; it me plaint sans doute, et ne peut me secourir.

CAROLINE

Mallieui-eux ! Qu'avons-nous iàil !

CHARLES

Mon père est à Paris ! C'est moi qu'il y cherche , c'est moi qu'il veut frappi-r.

B AZILE

Ça n'se peut pas.

CH A RLES

Mon frère.... Que va-t-il me proposer? Ma Caroline,.■ ma Cécile... ma femme, mon enfant, de la ronsfant^e , du courage: l'instant décisif approche.

CAROLINE

Charles, je ne vous rappellerai pas vos promesses. Vous vous souvenez du jour où je *ou8 donnai ma main. Ma résistance, mes réflexions doivent vous être toujours présentes. J'ai prévu tout ce qui arrive aujourd'hui ; vous combattîtes mes craintes, vous opposâtes le tableau du bonheur à la peinture déchirante que je mis sous vos yeux. Je vous aimais,,, ah! comme je vous aime encore! Docile à la voix de l'amour, je cédai au désir de faire un époux d'un amant adoré ; je me rendis à vos vœux , ou plutôt à mon cœur. Charles , je ne m'en rcpens pas , peutêtre ne m'en r e peut ira i-je jamais.

BAEtLF..

Oh ! de ça , j'en souuntïs Iten sûr.

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