ACTE II, SCÈNE III
mettent pas à Taine qui les éprouve d'en calculer la légitimité. Je suis vaincu , peut-être , par l'ascHidant de la beauté , par les grâces de la jeunesse , par ce langage intéressant auquel on ne peut résister, mais j'aime à céder au charme qui m'entraîne. Puissé-je le faire partager à un père qui a déjà prononcé contre vous. Je connais son inflexibilité ; mais j'espère qu'il ne sera pas sourd à la voix de la raison. Si elle ne suffit pas pour le persuader, j'appellerai la nature à mon aide ; j'emprunterai ses expressions; j'en aurai le noble et touchant enthousiasme. J'ai à plaider la cause de la vertu. Mon père la connaît; il est sensible, et il ne me repoussera pas.
(Gharlet se jette dans ses bras.) CAROLINE.
Le ciel etifin nous envoie un ami. Qu^il nous conserve et nous protège. Je ne sais , mais j'aime 'à croire que je vous devrai mon bonheur et mon repos. Vous êtes l'unique appui d'une famille entière : au nom de Dieu, ne l'abandonncE pas. C'est un frère, c'est une nièce, c'est une femme infortunée, qui n'espèrent qu'en vous, qui attendent tout de vous, et dont vous ne tromperez pas l'espoir.