SCÈNE V
VERNEUIL viLRT-, CHARTES, BAZILE,
CAROLINE, dam 1. fond.
VERNEUIL père-
Malhfureux , qn'as-tu dit :' Tu accuses de tyrannie un père qui va au-devant de toi, qui ne profère que des paroles de paix , qui la porte dans son sein , et qui veut la faire passer dans le tien. Sais-tu que j"ai fait tout ce que tu pouvais attendre d'un père indulgent et sensible ; que le mépris de mes bontés va rallumer les sentimens de vengeance que je voulais étouffer' Ne crains-tu pas, fils ingrat et dénaturé, que la malédiction du ciel, celte malédiction que fu as pu invoquer, ne soit précédée de la mienne?
CA-ftOLIHE, a par!.
Ah! malheureuse!
CHAR LE s.
J'en mourrais peut-être; mais je la recevrais avecla iêrmeté du courage, et la résignation qu'inspire linnocetice.
VERNEUIL pare
L'innocence qui brave un père!
CHAULES.
Un père qui exige l'ini possible.
438 OUARLliS KT CAKOLINE.
f cbe itiutiltf . C'est assez du mépris que vous lueitiarquez ,
{ sans y ajouter un éclat déshonorant pour tous trois. La
loi parle en votre faveur; profitez-en sans l'invoquer. I Victime innocente, je me soumets, je me résigne au
; coup qui me menace. Loin d'armer le père contre le fils,
, je m'immolerai pour les réunir. Jamais l'amour ne me
I parla aussi haut en faveui- de Charles , qu'au moment
j où je le perds à jamais; mais je lui impose silence,
I j'étouffe ses plaintes et ses regrets. Charles était mon
époux, je pouvais, je devais le croire ; je vous le
rends, monsieur, il est libre, et du moins vous ne
l'arracherez pas de mes bras.
CHARLES
Caroline, que fais-tu?
CAROLINE
Ce que je dois. C'est pour toi que j'ai abandonné mes parens et ma patrie ; c'est pour toi que j'ai supporté la misère. Je t'immole à présent ma réputation. [^ ferneuil père.) Voilà le dernier de mes sacrifices, monsieur; la mesure de l'infortune est comblée. Malheureuse de n'avoir plus rien à offrir à l'amant que j'adorai, et à l'époux qu'il faut que j'abandonne.
VËBNEUIL père, Ipoit.
Que sa douleur est touchante! Pourquoi faut-il
CHARLES
N'atteste pas l'amour. Il ne connût jamais ces sacrifices affreux, dictés par la crainte, arrachés par la force. Si ton cœur, comme le mien....