ACTE III, SCENE IV
CHA.RLES.
Vo«» le ferez, mon père, si je vous suis cher encore.
VERNEUIL père.
Charles, tu veux abuser de mon état, me contraindre à une démarché que je rétracterais dès que je serais rendu à moi-même. Quelle est donc la tyrannie des passions, quelle est donc leur violence, si elles nous égarent ainsi!
CHARLES
Oui, mes passions m'ont égaré, mon père, j'en fais l'aveu devant vous; mais elles m'égarèrent à un âge où on ne connaît pas le danger; elles m'égarèrent quand j'osai adresser à Caroline les premiers vœux de cet amour que vous avez condamné. Voilà mon unique faute , la seule dont je puisse me repentir. Mais une enfant arrachée à ses parens, entraînée dans une terre étrangère ; des sermens que vous avez proscrits , mais que j'ai prononcés dans toute la ferveur de mon ame; mon exactitude à les observer; ma constance envers mon épouse; ma tendresse envers mon enfant, sont-ce là des liens frivoles que le respect filial doive annuler, que votre sévérité puisse rompre? Vous m'ordonnez d'être enfant soumis, et vous mè défendez d'être père ! Il faut admettre tous les devoirs du sang ou les rejeter tous également. Faibles et innocentes créatures, dont l'une s'est confiée à moi, dont l'autre me doit l'existence, je tiens à vous plus qu'à la vie, et jamais je ne vous abandonnerai, j'en atteste le ciel , ce ciel témoin de mes promesses.
/,1(i CIIAIU.F.S ET CAROLmE.
ihic ses ?nalécliclioiisiii'afcablent, que sa main tout t>-
[luissante s'appesantisse sur moi , si des préjugés Peni-
pottent sur l'honneur, et si la tyrannie fait taire la
n;iture!