‹ Œuvres complètes de Pigault Lebrun (volume 3)Chapitre 308 sur 340 · IX. 3o · texte numérisé non relu

IX. 3o

[J 466 CHARLES ET CAROUNE.

LE COMTK.

Renoncez, Caroline, à ces vertus de convention qui ne sont plus de notre siècle, ou plutôt, laissez ces petites ruses qui ne peuvent m'en imposer. Vous voyez ma franchise, imitez-la, montrons-nous teb que nous sommes; sachons l'un et l'autre ce que nous devons craindre ou espérer. Je n'entreprendrai pas de vous prouver qu'il est de votre intérêt de mettre fin à nos petits débats; vous avez assez d'expérience, vous avez assez souffert pour en être convaincue.

CAROLIWE.

La plus cuisante de mes peines est d'être forcée de vous entendre.

LE COUTE

Caroline, on peut acheter le bonheur par quelques soins, par quelques démarches; mais l'amour méprisé se change quelquefois en haine, et la mienne ne serait pas impuissante. Si je suis capable des plus grands sacrîBces pour vous désarmer, je le suis égalemeat d'employer tous les moyens pour vous réduire (i). Faut-il vous avouer que, maître de l'esprit du comte deYerneuil, je dirige à mon gré ses sentimens, sa faiblesse et ses irrésolutions; que je ne suis comptable à personne des cruautés où je pourrais me porter , et que je puis ensevelir vos plaintes avec vous? Gardezvous de m'aigrir davantage par une résistance déplacée ; ne vous exposez pas à perdre, en un seul jour,

(i) Peadini celte tirade du comte, Carolbe K roUti» le calûnt't, CD inarquaul lou luquiélade.

468 CHARLES ET CAROUNE.

CHARLES

Si je ne suivais que les affreux principes qui te guident , je te poignarderais.... Jamais la soif du sang ne fut aussi légitime , jamais elle ne fut plus pressante.

LA FLKUR, «Hrayé.

Appelons nos gens.

CHARLES

Je brûle de t'immoler; mais je n'emploierai que les moyens avoués par l%onneur. Viens, traître, viens défendre une vie qui ne sufSt pas pour expier les forfaits , et si le sort des combats trahit l'innocence et la justice, au moins je n'aurai pas survécu à mes malheurs.

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