‹ Œuvres complètes de Pigault Lebrun (volume 3)Chapitre 312 sur 340 · HORTENSE, MARTON · texte numérisé non relu

HORTENSE, MARTON

( Elles sont assises à quelque distance Tune de Tantre. Hortense brode an métier , et Marton à la main. )

> MARTON

Al arrive aujourd'hui.

HORTE]N'S£, avec nn soupir.

Hélas! oui, mon enfant.

MARTON

Cet hélas part de Tame.

HORTENSE

Que dites-vous, Marton?

Madame , je vous plains.

HORTENSE

Ma chère amie, c'est à Mondor que je dus mon époux, cet époux qui me fut si cher; c'est à Mondor que cet époux mourant confia ma jeunesse; c'est Mondor qu'il nomma, si je devais jamais

48o L'AMOUR ET LA RAISON.

HARTOK.

Et voilà bien les honunes. Jaloux àe leurs droils pendant leur vie, ils veulent les éteadre au-delà du tombeau. Vous aimiez votre époux , c'est fort Inen.

HORTEirSE.

Il était si aimable !

MARTOW.

Oui , madame , il était charmant; mais son ami ne lui ressemble guère.

HORTEITSE.

Marton!

HARTON

Non, madame, Mondor ne lui ressemble pas. C'est un ami solide, raisonnable et raisonnant; mais il n'a rien de ce qu'il faut pour remplacer un mari de vingtcinq ans, et pour consoler une femme de votre âge.

HORTENSE, iroideiitol.etiv« luDlnu.

Il suffit, je crois, qu'il me plaise

MARTOlï.

Vous plaire ! il en est loin.

HORTENSE

Vous prétendez....

MARTOB.

Voir mieux que vous dans te fond de votre ame. Non , vous ne l'aimez pas.

HORTENSE, avec hoiiMiir.

Mademoiselle !

M A R T O R , ■néctnciucincnl.

Même quand vous boudez vos gens, vous êles toujours adorable.

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