‹ Œuvres complètes de Pigault Lebrun (volume 3)Chapitre 339 sur 340 · SCÈNE XVIII. 53i · texte numérisé non relu

SCÈNE XVIII. 53i

genoux , et lui baise la main ) , ne me chassez pas , je vous en conjure; ce serait m'arracher la vie.

U O N D O R , paaMnt entre Hortenae el Auguste.

Bien, cousin, bien.

HORTERSE.

Vous chasser! vous chasser! je n'en ai jamais eu ridée ; mais il me semble qu'une absence de quelques

AUGUSTE, k Mondor.

Monsieur, parlez pour moi , je vous en prie. MOMDOB.

Malgré la nouveauté du personnage qu'on me &it jouer , je dois vous représenter , madame , que tant de précipitation peut donner à penser à un monde toujours injuste et malin. On croirait peut-être que le départ de monsieur serait l'efFet de ma jalousie , et je ne suis pas jaloux.

HORTEITSE, piquée.

Vous n'êtes pas jaloux ?

MOKDOB.

Non , madame , je ne suis pas jaloux. Je verrais monsieur passer sa vie à vos pieds, que je n'en prendrais pas le plus léger ombrage.

AUGUSTE, IHorten».

Hé bien I je ne lui fais pas dire.

HonïEnSE, ipan.

Quel insupportable homme!

SCÈN^E XIX. 533

MONDOR 9 ûgnant.

Ah ! j'entends.

M A RTON , à Dmnont.

Hé bien! qu'en dis-tu?

DUMONT

Diable emporte, si je m'y attendais.

MONDOR

Et le petit cousin ? II nous fera aussi le plaisir de signer au contrat. (^11 présente h Auguste la plume et le contrat.^ Ici, cousin, ici.... {^A partJ) Comme la main lui tremble.... ce cher enfant! il faut lui rendre ses forces. {^HaiU,^ Hé.... mais.... j'oubliais.... étourdi que je suis ! madame a signé sans connaître les articles....

HORTENSE, très-fro|demeiit.

Monsieur, je m'en rapporte absolument à vous...

MONDOR

Cela ne suffit pas. Je crois que les clauses princi^ pales ne vous déplairont pas ; mais il faut que vous sachiez.... (^Au notaire.) Lisez, monsieur, lisez.

LE NOTAIRE, lisant.

Par-devant, et caetera.... Sont comparus monsieur Auguste Vercour, et dame Hortense....

HORTEIVSE, 8e levant précipitamment.

Monsieur , quelle est cette nouvelle plaisanterie ?

MONDOR

Celle-ci vaut bien les autres , convenez-(Bn.

AUGUSTE

Quoi! monsieur....

HONDOB.

Te voilà bien certain de ne pas partir, à moins que madame ne veuille congédier son époux.

AUGUSTE, wnunt «u COQ da Moodor.

Ah! mon bon ami, mon bon ami!

HORTEHSB.

Je n'y consentirai jamais.

atOKDOR.

Vous voulez qu'on vous prie....

H A R T O N , à Biondor.

Pour la forme.

HOBDOR.

Oui, pour la forme.

HORTEirSE.

Toujours des impertinences !

MONDOR

Vous n'aurez pas de peine à me pardonner celle-ci.

• HORTEHSE.

Mais, quelle folie! me faire épouser un enfant!

HOHDOR.

Hé! qu'importe?

HORTENSE

Que dira le monde ?

HONDOB.

Tout ce qu'il lui plaira. Monsieur est jeune , mais il a une belle ame, il m'en a. convaincu. Vous serez heureuse, Auguste le sera , je le serai de votre commun bonheur. Nous laisserons dire les sots , et nous jouirons de la vie.

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