‹ Œuvres complètes de Pigault Lebrun (volume 3)Chapitre 338 sur 340 · IX · texte numérisé non relu

IX

53o L'AMOUR ET LA RAISON.

Un compliment ne réparera pas ce que vos propos ont de piquant.

AUGUSTE, a^ec boiDear.

Monsieur ne vous a rien dit que de très-sensé , madame , et c'est vous qui prenez tout si singulièrement aujourd'hui....

HORTENSE, i Àugaite.

Joignez-vous à monsieur, je vous le conseille, je vous en prie; ces deux liommcs sont cruels : l'un m'excède....

MOSrnoR, l'ialEnonipaiit.

Duquel parlez-vous , madame ?

AUGUSTE

Quoi qu'il en soit , je ne partirai pas. Je vous adore , votre époux le sait ; il veut que je reste , et bien certainement je lui obéirai. 11 est raisonnable, lui.... et vous.... Ah! cousine, n'est-ce pas assez de vous perdre, sans être forcé de m'éloigner? Je n'ai plus de parens, je n'ai que vous au monde qui s'intéresse à moi; que deviendrai -je si je vous quitte? Jeune , sans expérience , obligé de me distraire d'une passion malheureuse, je me livrerai malgré moi aux erreurs de mon âge ; vous le saurez , et vous en serez tourmentée. Si je reste, au contraire, vos conseils, votre vertu, votre amitié douce et compatissante, rétabliront insensiblement la paix dans mon ame. Je puiserai dans vos yeux la force de supporter mon sort. Ma cousine , ma belle cousine ( ii tomiie à ses

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