VALCOURT, AMÉLIE
AMÉLIE
Quoi! toujours indécis!
VALCOURT
Eh! mais.... que] parti prendre?
Parler à mon tuteur.
VALCOURT
Il ne veut rien entendre.
Quoiqu'on puisse lui dire, on n'a jamais raison , Et ina timidité....
AMELIE.
Devient hors de saison.
Si mon tuteur est brusque , il est d'un caractère Excellent.
VALCOURT
Et pour rien il se met en colère ; Il condamne toujours ïe sentiijient d'autrui» Pour bien faire, il faudrait que cda vîpt de l,iii, IX. 6
AMELIE.
Il faudrait qu il vous dît , d'une façon civile : Daignez, mon cher Valcourt, épouser ma pupille; Elle est jeune, elle est riche, elle vous conviendra. Vous n'aimez pas encor? non, mais cela viendra.
VALCOURT
Que vous êtes injuste! Il connaît ma tendresse; Mais Tamour lui paraît ou folie ou faiblesse. Irai- je, en étourdi , heurter ses sentimens?
A M ]É L I £ , s'en allant.
Si vous pensez ainsi, vous attendrez long^temps.
VALCODRT.
De grâce, écoutez-moi. Je peux tout pour vous plaire; Mais
AMELIE.
Vous avez raison , monsieur, de n'en rien faire. Je n'abuserai pas de la docilité Qui vous exposerait à sa sévérité.
Je suis loin d'exiger le moindre sacrifice. Que l'amour nous sépare^ ou bien qu'il nous unisse, Peu m'importe , après tout.
VALCOURT
Un hymen assorti.....
AMELIE.
Rester fille est , je crois., le plus sage parti.
VALCOURT
Quel plaisir trouvez-vous à causer mes alarmes? Pour vous faire adorer, vous .faut-il d'autres armes Que ces traits séduisans qui pénètrent mon cœur , Ces talcns, ces vertus, gages de mon bonheur?