‹ Œuvres complètes de Pigault Lebrun (volume 3)Chapitre 47 sur 340 · SCENE XL · texte numérisé non relu

SCENE XL

Faut-il jouer encor la froideur, le caprice? Ah ! ce n'est pas à vous d'employer l'artifice.

AMÉLIE, riant.

Je .n'en ai pas besoin , je le sais , et sur vous Je ne veux exercer qu'un empire plus doux. Vous m'aimez, je le crois, je me plais à le croire. C'est à vous rendre heureux que je borne ma gloire. Et j'abjure à jamais tous ces petits détours. Ce manège honteux des belles de nos jours.* Quand on a , comme moi , tout ce qu'il faut pour plaire, On n'a jamais recours à ce moyen vulgaire. Je sais très-bien cela; mais puis-je hautement Publier de mon cœur le tendre sentiment? Dire qu'en vous j'ai mis le bonheur de ma vie , Et pour vous obtenir faire quelque folie? Cela n'est pas dans l'ordre, et c'est à votre ardeur . A parler, à presser, à vaincre mon tuteur.

VALCOURT

Eh bien , je parlerai , j'en aurai le courage. Je me sens rassuré..

AM3ÊLIE.

C'est d'un heureux présage.

Plus de faiblese., au moins.

VALCQURT.

Non , je vais de ce pas, Soutenu par l'amour, mériter vos appas.

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