‹ Œuvres complètes de Pigault LebrunChapitre 34 sur 34 · T^I^E MAC K DO I NE · texte numérisé non relu

T^I^E MAC K DO I NE

Tous les yeux se portent sur elle , et je n*y vois enccNre que l'irapression que produisent ses charmes, et la prévention favorable que donne son maintien décent et facile.. . »

Madame d'Elraont 1 Je n'ai pas. osé. lœ présenter chez eUe, et je ne croyais pas la trouver icL Sa présence me cause uo embarras qui ne Ità échappe point. Elle fait les poemiecs pas , elle s'approche, elle m'embrasse, et me dît, de manière à être entendue : « Présentea^ooaoi à madame « de Franche ville ; je lui ai de grandes obligatîoBs, (c et je veux Vassurer de ma reconnaissance. » Je ne sais ce que cela veut dire; « J'ai su de M. de Soutf langes, continue- t-eUe, que j« lui dois soixauite c< mille livres de rente, que vous. pouviez garder, a et que vous m'aves rendues. » Ces paroles me font un bien 1 Fanchette rougit , baisse * les yeux ; maïs je remarque dans toute sa personne lagitatioa du plaisir. Sa. satisfaction perce malgré ette. Les premiers mots 9 dont elle est l'objet, sont un ék>ge; il est prononcé par une bouche , dont la véradlé ne peut être suspecte : il lui est permis, de céder à un petit mouvement d'orgueil. * .

U est convenu qu'elle est charmante , et quelle a un cœur excellent. Maisa-IreUe de l'esprit? Oh, non; ou ne peut tout avoir. Mettons le côté Ëitble à découvert: voiià à peu près ce que signifie l'empressement de certains individus, qui s'approchent, pour entendre une conversation suivie entre mesdames de Soulanges, d'Elmont et elle. « Conmient

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« donc, dît à demi* voix une petite iaide, elle ff parle «atissi bien rfue moi! Et elle pense mieux, « répond Soutanges , csr elle nlnimilie personne. »

On rit assez généralement de la réplique; la petite laidron s'éloigne, va bouder dans un coin, et sort un instant après. Une fille laide est à plaindre : ette est délaissée. Elle a de l'humeur, elle l'exhale; elle a des ridicules, et pas un cosur de pins. Si elle est riche cependant... On épouse sa dot.

Un homme du phis liaut rang Ta se placer auprès d'elle; il Texamine; il lui parle; il attend sa réponse, et toistes lui fent un extrême .plaisir. Il prolonge T^tr^ien. le suis là, je ne dis pas un mot, j'écoute, je retiens mou baleine; je souris au trait heureux.

I^ voilà donc entre une femme trèspaimsbie , une autre généralement estimée , et un grand de l'état y qui semblent s'accorder pour ia Êiire valoir ! Oh, maintenant, il n'y a plus d'incertitude : sa place est marquée dans le nH>nde, et elle est honorable.

Je suis d'une gaieté folle. Je la porte dans tous les coins du salon . Je ia répands autour de moi ; elle amène la cordialité , la franchise.

ije prince, Ini-même, se dépouille de l'extérieur imposan.t de la grandeur. Il me prend ia main , me la presse , et me dit très-haut : « M. de Franchece ville , vous avez fait un excellent mariage. »

Oh, alors il n'y eut plus de bornes aux égards.

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aux prévenances dont elle devint l'objet. Elh tournait souvent ses yeux sur moi ; ils semblaient me dire : Le monde t'approuve , je n'ai plus de vœux à former.

Qui reconnaîtrait dans cette jeune dame , recherchée, caressée, flattée, cette petite Fanchette du grenier... Dès-lors, il ne lui manquait qu'un théâtre ; elle Ta trouvé.

Que de gens de mérite ignorés, parce qu'ils n'ont pu percer jusqu'à leur place !

Mais aussi que de gens tombés pour être montés trop haut!

Quel fut mon étonnement, deux jours après, lorsque je reçus la nouvelle de ma nomination à la place de préfet d'un de nos plus riches départemeAs ! Je me rappelai le grand personnage que j'avais vu chez Soulanges. « Ah, dis* je à Fau- « chette, je te devrai donc tout, bonheur et conce sidération ! — Tu ne me dois rien , mon ami , cr ton bonheur est le mien; la considération re- •c jaillira sur moi. — Mais comment , en aussi peu « de temps, as-tu... — Mon ami, il faut, je crois, « profiter de la première impression : plus elle tf est forte, et moins elle est durable. J'ai de- «c mandé avant-hier; je n'ai rien désigné; mais sur « ma parole on t'a cru fait pour les premiers em- « plois : peut-être, dans un an, aurais-je eu de la « peine à faire de toi un maire de village.

c( Nous partirons quand tu le voudras. Arrivés à « ta résidence , nous continuerons à pratiquer la

« recette de Justine; mais tu utiliseras les repos (c de l'amour. Tu serviras ton pays; tu feras du ce bien aux hommes, qui peut-être ne t'aimeront pas ff davantage ; mais tu auras pour toi ta conscience a et Fanchette. Elle sera là, toujours là. De ton « cabinet tu passeras chez elle , et elle te fera « oublier la fatigue dû travail. »

ce Ah ça, monsieur le lecteur, ou madame la « lectrice , n'étes-vous pas aussi las de lire , que M moi de conter? — Oh, nous voulons savoir ce « que fera monsieur le préfet, ce qui lui arrivera; « si Fanchette est toujours bonne et jolie ; si son ff mari ea-raffole toujours; si Honorine... — Oui? a hé bien, madame ou monsieur, partez; allez- « vous-en à la préfecture ; voyez , interrogez. Moi , « je ne me mêle plus des affaires de ces gens-là, c< et je vous souhaite le bonsoir, »

FIN I) UNE MACEOOINK.

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