CHAPITRE PREMIER* 20J
les Romains, comme parmi nous, un commerce de lettres de change ; et nous trouvons au contraire en la loi 4> §• i> ff- de naut. fosn. y ({ni est de Papinien, que ceux qui prétoient de Targent à la grosse aventure aux marchands qui trafiquoient sur mer, envoyoient un de leurs esclaves pour recevoir de leur débiteur la somme prêtée, lorsquHl seroit arrivé au port où il de* voit vendre ses marchandises; ce qui certainement n^auroit pas été nécessaire , si le commerce des lettres de change eût été en usage chez les Romains.
7. Quelques auteurs ont prétendu que Tusage du contrat de change et des lettres de change est venu de la Lombardie , et que les Juifs qui y étoient établis , en ont été les inventeurs. D'autres en attribuent Tin* vention aux Florentins, lorsqu ayant été chassés de leur pays par la faction des Gibelins, ils s'établirent à Lyon et en d'autres villes. Il n'y a rien sur cela de certain , si ce n'est que les lettres de change étoient en usage dès le quatorzième siècle. Cest ce qui paroît pa#une loi de Venise de ce temps, sur cette matière, rapportée par Nie, dePasserib. , en son livre de Script, pri^ vat.,lib.3.
$• II. Des différentes espèces de lettres de change.
8. Savary distingue quatre espèces de lettres de change. La première est de celles qui n'expriment point quelle espèce de valeur a été reçue de celui à qui la lettre de change a été fournie, et qui portent puranent et simplement, valeur reçue.
L'usage de cette première espèce de lettre de change
ào8 TRAITÉ DU CONTRAT DE CHANGE,
est défendu par Ford^niiance de 1673, ht. 5^ art.tf comme nous le verrons par la suite.
9., La seconde espèce est de celles qui expriment Fespéce de valeur qui a été reçue de celui à qui OU les a fournies^ ce qui s'exprime ou par ces termes , valeur reçue comptant ^ lorsque c'est en ai^gent que ia valeur a été reçue ; ou par ceux-ci , valeur reçue en nutT" chandises, lorsque c'est pour le prix de marchandises que la lettre de change a été fournie.
C'est celle de cette seconde espèce qui est le plusien usage, et qui est parfsûtement lettre de change.
10. La troisième espèce est de'celles qui sont pour valeur en soi-même.
Je tire en ces termes une lettre à mon ordre, sur Pierre, marchand de Lyon , qui me doit mille écus : « Monsieur k Pierre , vous payerez à mon ordre , à telle échéance , « la somme de mille écus, valeur en moi-même, que a je vous passerai en compte ; » et je la lui fais accep* ter. A est dit valeur en moi-même^ parceque je n'en ai pas encore reçu la valeur de personne; ensuite je donne ici cette lettre acceptée à un courtier, pour me cher* cher une personne qui m'en donne la valeur, et je passe mon ordre «t endossement à cette personne, valeur reçue comptant d'elle, Gettç lettre, avant mon endossement, nW pas proprement une lettre de change ; ce n est que par Fendossement que je fais au profit de celui qui m'en donne la valeur, que [se contracte le contrat de change, et quVUe devient une véritable lettre de change.
Lorsque la lettre porte : Vous paierez à un tel, yaleur en moi-même , ou valeur de moi-méme, ou va-