‹ Œuvres complètes de Racan. Nouv. éd., rev. et annotéeChapitre 14 sur 95 · ARGUMENT · texte numérisé non relu

ARGUMENT

irisante, femme de Silène, ne pouvant noumr U'enfans,voûa le premier qu'elle auioit a la bon- >ne déessk Au bout de neuf mois elle accoucha

uanVer qui 'f estoit venu habituer il y avoit quelques années I mesure qu'elle croissoit, ses parens taschoient de la Touni? en ceste aVction ; mais la bonne ^ -se qm ne ,ugeo ^o. r,np rp fi"it son bien, s'apparoissoit fort souvent a eue ci Kffndohdrn"'e'"esous?f point qui ne fust de son pays At Hf. sa race Elle en advert t plusieurs fois sa mère Grisante, Qufn'en f soU pont de cas, estimant que ce fust un amficèoour colorer la répugnance qu'elle avoit pour Lucidas mais^Mteni e ne cognoissam que le seul T is.mandre qui eut "'qua S rèquises'par la bonne déesse , s'^asma q^e c e -

mou cSmme sa Lur, mais il n'avoit de l'an^our que pour Trtenire • il la servoit avec tant de soins et avoit de si exce f/ntes aiali ez T^il sembloit à ceste jeune bergère que la Sfueïe d'un tdàmam valloit bien la peine de comr^^^^^^^^^ à "a deffense de la bonne déesse, estimant qu'il ne luy pouîoU arr ver de plus grand malheur que celuy de ne le pos-

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seder point. Dn commencemeiit, die sonfiroit senkment sa recherche pour le seul plaisir qu'elle prenoit en sa conversatioa ; mab eafin elle s'y engag^ de tdle sorte que son amour parut assez pour donner de la ialonsie à Luddas, qui, poof cet efftt , eut recours à un magicien, son andcn amj, noo»mé Polistene. Il le prie d'emplojer tous ses secrets pour divertir Artenice de ceste Donvelle affection. Le conseil du magicien fut de tuT donner du soupçon des familiaritez qui estoicM entre Aiddor et Ydalie,ce qui iuj fut facile en adjoustant aux apparences euaieuies ks artifices que sa magie Iny foumissoit. Ib aTÏsent donc ensemble que Luddas , feignant de vouloir rompre i'acord qui estoit entre Iny et Artenice, tascberoit i mesme temps de iny faire connoistre la faute qn'eUe faisoit de sooftir la recherche d'Alddor, qu'il estoit acordë avec Ydalie, qu'ils faisoiem desja les actions de femme et de mary quand ik en avoient la liberté , et qu'il oftiroâ de le luy faire voir dans un miroir enchanté, sur la promesse que son amy Potistene luy faisoit de faire paroistre ce qu'A Toudroit par le moyen de ses démons. Ceste entreprise est si dextrement conduite qu'Attenices'engagea de faire espreuve de ce charme, feignant neantmoins que ce n'estoit que par cnriosité. Elle se trouva donc à l'assigiution que luy donna Luddas, on, pendam qu'elle l'attendoit, elle trouva Tisinandre (désespéré de ce que ny sa fidélité, ny l'obligation qn'Ydalie luy veooit d'a>-oir tout fraischement de l'avoir retirée des mams d'un Satyre, ne luy avoient de rien profité à radoucir le coeur de ceste ingrate;. Elle cnût qu'elle ne le pouvoir trouver plus à propos pour luy faire changer d'affection, et, bien qu'avec l'espérance de luy donner de l'amour, elle en ait tout-à-fait perdu la Yoknté, neantmoins, ne sçachant à quoy passer te temps en Mendant Luddas , elle se résolut d: tenter encore une fois pour son plaisir ce qu'efle avoit tente plusieurs fois par considération ; mais elle y réussit aussi mal qu'elle avoit fait par le passé. Tisimandre ne la veut point esconter, et eUe, continuant son premier dessein . rencontra Luddals, qui la mena dans la grotte de Polistene, où elle vit dans un miroir enchanté Aiddor et Ydalie se baiser avec tant de privantez qu'elle creut que ce qu'il Inv en avoit dit n'estoit que trop veritabte. Les déplaisirs ? receut en mesme tonps du mespris de Tisimandre et ridelité d'Alddor la firent résoudre à se retirer avec uc^ fuies voilées à Diane, et, coome eUe y ailoit, eUe tcb- «ontra iponrangneiMer son enenr) Aiddor et Ydalie qui g»doient leurs tRMpeaoz rmnnhle an mtsmt fien onleninir

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de Polistene les luy avoit représentez. Alcidor la voulut aborder de la mesme sorte qu'il avoit acoustumé, mais il y trouva un grand changement; elle luy reprocha sa déloyauté, et, sans vouloir entendre ses justifications , luy deffend de la voir jamais. Cela le mit tellement au désespoir qu'il se résolut de se précipiter dans la Seine. Cependant Artenice, pour continuer son dessein, se retire avec ces filles dévotes, ou Silène, son père, et Damodée, son oncle et père d'Ydalie, la vont trouver pour essayer à l'en divertir. Estant forcée de leur dire le sujet de son déplaisir, l'accusation qu'elle fait contre Ydalie fait résoudre Damoclée de faire passer sa fille par la rigueur de la coustume du pays. Il va luy-mesme trouver le grand druide Chindonnax pour se rendre tesmoin contr'elle. Cela n'interrompit que fort peu le dessein qu'avoit Silène de persuader à la sienne de revenir au monde. Elle s'en deffendoit opiniastrement ; mais, comme ils estoient en ceste dispute, Cleante arriva , encore tout effrayé du malheur qui venoit d'arriver d'un berger qui par désespoir s'estoit précipité dans la rivière, dont il Favoit retiré aussi mort que vivant. Il les prie tous deux de luy venir rendre les derniers devoirs ; ils y vont et trouvent que c'est Alcidor qui, pour le danger qu'il avoit couru , estoit en si mauvais estât qu'Artenice ne le sceut voir sans en tesmoigner une sensible douleur. Elle tomba évanouie entre les bras de son père, qui, ne la pouvant soustenir à cause de son extresme vieillesse, se laissa tomber avec elle. Peu de temps après Alcidor reprit ses esprits, et l'horreur de ce spectacle fit tant de pitié au bon homme Silène qu'il se résolut de ne se plus opposer au mariage de luy et d'Artenice : de sorte qu'il n'y avoit plus rien à surmonter que les deffenses que la bonne déesse luy avoit faites en songe. Pendant que cela se passoit , Damoclée , continuant son dessein , eût fait sacrifier sa fille Ydalie sans le retardement que causa Tisimandre en s'offrant de mourir pour elle. Cela donna le temps à Cleante d'apporter la nouvelle du mariage d'Alcidor et d'Artenice, qui troubla tellement Lucidas que, sans y penser, il avoua la fausseté qu'il avoit faite par le moyen du miroir enchanté de Polistene, et justifia Ydalie par sa propre bouche. Ceste dernière obligation qu'elle eut à Tisimandre la toucha plus que pas une , et la fist résoudre à recevoir son affection. Il sembloit qu'il n'y avoit plus rien qui s'opposast au contentement des uns et des autres; mais, comme Silène alloit au temple accomplir les cérémonies du mariage de sa fille et d'Alcidor, assisté de sa femme Crisante et de son frère Damoclée, Grisante creut estre obligée de déclarer à la compagnie comme

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la bonne déesse s'estoit apparue à elle la nuia précédante, et lui avoir dit les mesmes choses qu'elle avoir dites plusieurs fois à Artenice, qui estoit qu'elle ne vouloir pas qu'elle fût mariée qu'à un qui ne fût de son pays et de sa race. Cela fist changer de dessein de la mariera Alcidor, et Damoclée, voyant qu'il n'y avoit plus de garçons que le seul Tisimandre du saag de sa niepce, estima que ce seroh une cruauté de le luj oster ponr le donner à sa nQe Ydalie, pnis qu'il estoit libre de la marier à qui bon Iny semUerott. Les pères trouvèrent donc à propos de changer les mariages et de luy donner Alcidor, et Tbimandre à Artenice ; mab il s'y trouva tant de répugnance qu'il fut impossible d'effectuer ceste proposition. Akidor et Tbimandre aymoient mieux quitter le pays que d'en esponser d'autres que celles qu'ils avoient chobies. Artenice estoit tdlement désespérée des mespris que Tbimandre avoit fait de son amitié qu'elle ne pouvoit pas s'imaginer qu'il peust jamab changer d'humeur ; et Ydalie estoit si vivement touchée des obligations qu'elle avoit à Tbimandre et des tesmoignages d'affection qu'il luy avoit rendus , qu'elle pensoit ne pouvoir jamab vivre heureuse avec d'autre qu'avec luy. Comme toutfj ces choses se passoient, survint le vieil Alcidor, qui recogneut Alcidor pour l'avoir eslevé jusqu'à l'âge de neuf ou dix ans, depub qu'il le sauva de la rivière . qui l'avoit apporté dans son berceau , en un débordement arrivé il y avoit dix-neuf ans. Ce bon vieillard fit voir un bracelet qu'il luy avoit prb au bras lors qu'il le retira de l'eau, et ceste dernière remarque le fist recognoistte à Damoclée pour son fils Daphnb , qu'il avoit perdu en mesme temps , avec sa maison que la Seine avoit submergée : de sorte que, s'estant trouvé de la race et du pays d' Artenice, les défenses de la bonne déesse furent levées, rien n'empescha plus leur mariage, et Damoclée n'eut plus de raison de s'opposer à ceiuy de Tbimandre et de sa fille Ydalie.

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