‹ Œuvres complètes de Racan. Nouv. éd., rev. et annotéeChapitre 67 sur 95 · A MADAME DESLOGES · texte numérisé non relu

A MADAME DESLOGES

Bien que du Moulin , en son livre , Semble n'avoir rien ignoré, Le meilleur est toujours de suivre Le prône de nostre curé.

Toutes ces doctrines nouvelles Ne plaisent qu'aux folles cervelles.

Pour moy, comme une humble brebis, Je vais où mon pasteur me range, Et n'ay jamais aimé le change Que des femmes et dés habits (i).

I. Ménage, dans sies observations sur les poésies de Malherbe , raconte la petite anecdote suivante , qu'il tenoit de Racan , et qui est nécessaire pour bien entendre ces vers , que Balzac attribue mal à propos à Malherbe :

Madame Desloges, qui étoit zélée protestante, avoit prêté à Racan un livre du ministre Dumoulin, le Bouclier de la foy, et l'avoit obligé de le lire. Racan , après l'avoir lu , fit l'épigramme dont nous nous occupons. L'ayant communiquée à Malherbe, celui-ci l'écrivit dans le livre et le renvoya à madame Desloges de la part de Racan. Madame Desloges , voyant l'écriture de Malherbe, crut naturellement que les vers étoient de lui , et fit faire par Gombaud , protestant comme elle , une assez, mauvaise réponse que nous nous garderons bien d'imposer à nos lecteurs. Il suffit d'avoir, dans cette note, plus étendue que les vers, constaté les droits de Racan, déjà reconnus , du reste, par l'insertion de cette épigramme dans l'édition de Coustelier.

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