A LA MESME
Vostre flûte n'est guère nette.
Le bon Dieu vous fasse pardon!
Il tonne là-haut, Robinette; Vous dansez icy Guéridon.
Il n'est plus temps de lanterner :
Nous revoicy dans la semaine Où toute ame qui n'est pas saine A soing de se médeciner.
Monsieur, qui devez rafiner Les doutes dont la mienne est pleine, Vous m'oteriez d'une grand peine Si vous pouviez les deviner.
Je n'entends point votre méthode; Ma conscience est à la mode Moitié figue , moitié raisin.
1 . Ce piquant petit quatrain et le morceau suivant , tous les deux inédits , nous le croyons du moins , se trouvent écrits de la main même de Racan sur la garde d'un exemplaire des Bergeries et de ses Poésies lyriques. On y lit aussi les vers :
Bien que Dumoulin , en son livre, etc.,
circonstance qui confirmeroit , au besoin, ce qui a été dit touchant leur véritable auteur. Ce précieux volume appartient à M. Taschereau.
ET Chansons. 225
Entre vos mains je me resigne (') :
Si j'ai faict tort à mon voisin, J'ai faict plaisir à ma voisine. *
Cette sainte de cjui tes veilles (*) Mettent la gloire en si haut lieu Fait voir deux sortes de merveilles : Les tiennes et celles de Dieu.
Il est vray que je porte envie A tes beaux vers comme à sa vie; Mais, quoyque je veuille tenter, Ma foiblesse y fait résistance.
Je ne puis non plus imiter Tes écris que sa pénitence.