MADRIGAL
A LA REINE Anne d'Autriche (i).
Reine, si les destins, mes vœux et mon bonheur Vous donnent les premiers des ans de ma jeunesse, Vous dois-je pas offrir cette première fleur Que ma Muse a cueillie aux rives du Permesse.
I. Le plus jeune fils de Racan, celui pour lequel il a fait l'épitaphe qui est à la fin de ses Psaumes , étoit page de la reine. Ayant eu , un jour, à lui demander certaine grâce touchant une question d'uniforme : « Oui , dit la reine , mais, « étant fils de M. de Racan, vous ne l'aurez point que vous « ne me le demandiez en vers. » Racan fit alors pour son fils ce madrigal. Mais, ajoute Tallemant des Réaux, qui nous a conservé la pièce et l'anecdote , « il ne le fit pas de toute sa force ».
Rican. — I. '5
226 Epigrammes
Si mon pere, en naissant ('), m'avoit pu faire don De son esprit poétique, ainsi que de son nom. Qui l'a rendu vainqueur du Temps et de l'Envie, Je pourrois dans mes vers donner l'éternité
A Votre Majesté,
Qui me donne la vie.
EPIGRAMME
Pour un diable qui dansoit au même ballet.
Aux Dames.
► ien que ma forme épouventable >Me rende à chacun redoutable, Belle, n'en ayez point d'effroy :
Ce dieu que vos yeux ont fait naître A mes dépens a fait connoistre Qu'il est oien plus diable que moy.
EPIGRAMME
Pour mettre au commencement du livre du père Garasse contre les impies.
Brutal escolier d'Epicure, Plus insensible que les morts, Pourceau dont l'erreur se figure Que tout finit avec le corps, Quand tu vois les doctes merveilles Qu'a fait naistre en ses longues veilles
I . La faute tant reprochée à Boileau : Si son astre en naissant.
ET Chansons. lij
Ce grand ornement de nos jours, Peux-tu croire, esprit infidelle, Que tant d'admirables discours Soient partis d'une ame mortelle !