Cette tragédie d'Euripide est perdue
366 LE BANQUET UE l'LATO.N.
« grand dieu? H n'y a pas jusqu'aux sophistes, qui coni- « posent tous les jours de grands discours à la louange « d'Hercule et des autres demi-dieux. Passe pour cela. « J'ai même vu un livre qui portoit pour titre : L'Éloge (1 du Sel, où le savant auteur exagéroit les merveilleuses « qualités du sel, et les grands services qu'il rend à « l'iionnne. En un mot, vous verrez qu'il n'y a presque « rien au monde qui n'ait eu son panégyrique. Comment « se peut-il donc faire que, parmi cette profusion d'éloges, « on ait oublié l'Amour, et que personne n'ait entrepris de « louer un dieu qui mérite tant d'être loué ? » Pour moi, « continuaÉryxiniaque, j'approuve l'indignation de Phèdre. « Il ne tiendra pas à moi que l'Amour n'ait son éloge « comme les autres. 11 me semble même qu'il siéroil très- « bien à une si agréable compagnie de ne se point séparer (( sans avoir honoré l'Amour. Si cela vous plaît, il ne faut <i point chercher d'autre sujet de conversation. Chacun « prononcera son discours à la louange de l'Amour. On « fera le tour, à commencer par la droite. Ainsi, Phèdre (i parlera le premier, puisque c'est son rang, et puisque (1 aussi bien il est le premiei' auteur de la pensée que « je vous propose.
« Je ne doute pas, dit Socrate, que l'avis d'Kryximaque « ne passe ici tout d'une voix. Je sais bien au moins que « je ne m'y opposerai pas, moi qui fais profession de ne « savoir que l'amour. Je m'assure qu'Agathon ne s'y oppo- « sera pas non plus, ni Pausanias, ni encore moins Aristo- « phane, lui qui esi toul dévoué à Bacchus et à Vénus. Je « puis également répondre du reste de la compagnie. » quoique, ;i dire vrai, la partie ne soit pas égale pour « nous autres, qui sonnnes assis les dci'nii'rs. Kii tout « cas, si ceux qui nous jjrt'cèdriii loin bien leur devoir,
« et épuisent la matière, nous serons quittes pour leur <( donner notre approbation. Que Phèdre eonunence donc, i( à la bonne heure, et qu'il loue l'Amour. »
« Le sentiment de Soerale fut généralenient suivi. De vous rendre ici mot à mot tous les discours que l'on prononça, c'est ce que vous ne devez pas attendre de moi : Aristodème, de qui je les tiens, n'ayant pu me les rapporter si parfaitement, et moi-même ayant laissé échapper quelque chose du récif (|u"il m'en a lait ; mais je vous redirai l'essentiel. Voici donc à peu près, selon lui, (juel fut le discours de Phèdre :