XXVI INTRODUCTION
cet imprimé n'est pas en tout conforme à l'original que j'ai. Mon frère fut très-irrité quand il vit paroître cette traduction et se plaignit amèrement du procédé de l'abbé d'Olivet. La lettre de mon père à Boileau rapportée à la page vu et vin m'est inconnue et, ne se trouvant pas au nombre de celles que Boileau nous avoit rendues m'est fort suspecte. »
Louis Racine fait entendre ici que la lettre de Racine à Boileau avait été fabriquée par l'éditeur. Il le fait entendre plus clairement encore dans ses Mémoires sur la vie de son père où il prétend que la traduction du Banquet de Platon a été faite par Racine à Port-Royal ou à Lzès; ce qui, à en juger par le style du morceau , paraît invraisemblable. M. Pierre Clément, dans le volume qu'il a publié sur Gabrielle de Rochechouart, à la librairie Didier et C'% en 1869, a profité de ces contestations pour nier la part attribuée à l'abbesse do Fouti'vrault dans cette traduction.
Quoi qu'il en soit, l'authenticité de ce qui appartient à Racine dans ce travail n'est pas du moins douteuse. Le manuscrit en avait été déposé en 175G à la Bibliothèque du roi. Dans l'état des papiers de son père remis par Louis Racine à la Bibliothèque, on lit: « Traduction d'une partie du Banquet de Platon et de quelques morceaux de la République. » Mais ce manuscrit a été perdu ; la disparition en était constatée au commencement de ce siècle ; de sorte que les morceaux de la République sont restés inconnus, et que nous ne pouvons plus vérifier si le reproche adressé par Louis Racine au texte de 1732 de n'être pas en tout conforme à l'original est exact.
Nous nous contentons de reproduire le fragment de la traduction dii à la plume de Racine, sans y joindre la suite attribuée ii l'al^bcsse de Fontevrault, ni le complément qu'y donna Geoffroy en traduisant le discours d'Alcibiade. Ceux qui voudront lire dans son entier le dialogue de Platon feront bien de chercher une interprétation plus fidèle.
INTRODUCTION. xxvii
FBAGMENTS DE I.A POÉTIQUI-; d'aRISTOTE.
Ces fragments de traduction ont été écrits par Racine en marge du volume intitulé Pétri Victovii commenlarii in librum Arislotelis de Arte poctarum, secunda edilio, Florentise, in ofjicina Junlmum, 1573, in-fol. Pierre Vcttori, auteurdece livre, est un érudit florentin du xvi" siècle. Ce volume fut remis par Louis Racine à la Bibliothèque du roi, avec une lettre à M. Sallier, bibliothécaire :
« Je vous remercie, monsieur, de m'avoir envoyé un volume dont la lecture va nroccuper. Hier au soir, je retrouvai un livre qui mérite d'accompagner les autres, c'est Pelri Viclorii (suit le titre que nous venons de transcrire). A la marge de ce petit in-folio, on trouve plusieurs passages de la Poétique d'Aristote, traduits par mon père. Je vous prie d'ajouter ce livre à l'état que je vous ai remis; et je remettrai le tout, lorsque vous l'enverrci; chercher, ou tout à l'heure, ou lundi à huit heures du malin. Je suis avec un respectueux attachement, monsieur, votre très-humble et très-obéissant
serviteur,
« Racine. » « Ce samedi... »
Ce volume existe encore à la Bibliothèque. Les passages que Racine a traduits sont ceux qui concernent particulièrement le poëme dramatique, et c'est ce qui en fait le principal intérêt.