XXIV INTRODUCTION
Luxembourg, ni à la Riponse de .l/s' l'archevêque de Paris aux quatre lettres de j)/»'' C archevêque de Cambrai, auxquels on a dit qu'il avait eu quelque part. Nous n'en pourrions citer que des extraits arbitrairement choisis et nous serions exposé à confondre la prose de Racine avec la prose des avocats ou des docteurs. Nous omettons également le Chapelain drcoiffé et VArrél burlesque du i2 août I61i, auxquels Racine n'aurait pas été étranger, mais qu'on est accoutumé de clierciicr dans les œuvres complètes de Boileau.*
TRADUCTIONS
Cette traduction fut imprimée pour la première fois en 1732. L'abbé d'Olivct en avait déjà parlé dans son Histoire de l'Académie française : « J'ai eu, y disait-il, la curiosité de parcourir ce qui reste des papiers de Racine dans sa famille. Il n'y a rien qui puisse être publié. Ce sont des collections d'Homère et de ir'ophocle, avec de petites notes à son usage. C'est une traduction du Banquet de Platon ; mais il en manque la moitié. »
Mais relativement à ce dernier ouvrage il changea bientôt d'avis, ainsi que le constatent les éditeurs de 1807 {Œuvres de Racine avec le commentaire de La Harpe). Voici ce qu'ils disent dans leur Avertissement : u Cette traduction n'était pas destinée à voir le jour, encore moins à paraître sous le nom de Racine. Elle s'était trouvée à sa mort parmi ses papiers et était restée entre les mains de ses enfants. Jean-Baptiste
1. Voyez dans celte collection OEuvres complètes de Duileau, tome III, pages lia et 245.
INTRODUCTION. xxv
Racine nous apprend tomnient elle en est sortie. Dans ses notes manuscrites sur la vie de son père qui ont servi à Louis pour rédiger les Mémoires publiés en 1747, il déclare qu'en 1732, Tabbé d'Olivet, étant un jour venu le trouver chez lui, mit la main dans ses tiroirs, s'empara du manuscrit du Banquet de Platon, et, sans son aveu, le porta aussitôt chez un libraire du quai des Augustins pour le faire imprimer. A ce manuscrit était jointe la lettre à Boileau. »
En effet, un volume in-12 parut cette année sous ce titre : « le Banquet de Platon. Traduit un tiers par feu M. Racine, de l'Académie françoise, et le reste par M"" de ***. A Paris, chez Pierre Gandouin, libraire, quai des Augustins, A la belle lma(ie. » Le volume commence par une épître à M. le marquis de Grave, signée Bousquet, où il est dit que ce manuscrit lui tomba il y a plus de vingt ans entre les mains (à lui r>iHis([uet), (1 parmi d'autres écrits d'une dame très-illustre dont le nom, si j'osois le déclarer, n'orneroit paspeu cet ouvrage». Bousquet n'est autre que l'abbé d'Olivet. La déclaration du nom de la dame très-illustre ne se fit pas attendre; elle eut lieu dans la nouvelle édition de l'Histoire de l'Acadimie française, qui se fit en 17/|3; il y mit cette note : « On a imprimé à Paris, en 1732, un petit volume intitulé le Banquet de Platon, traduit un tiers par feu M. Racine et le reste par M""* de ***. Cette dame est l'illustre Marie-Madeleine-Gabrielle de Rochechouart deMortemart, abbesse de Fontevrault, morte en 1704. »
Tout cela parait aller de soi, mais diverses contestations n'ont pourtant pas cessé de se produire. Les fils de Racine furent mécontents du procédé de l'abbé d'Olivet. Sur la feuille de garde d'un exemplaire du volume de 1732, ayant appartenu à Louis Racine, on lit une note de l'écriture de ce dernier ainsi conçue : « Mon père n'eut jamais intention que ce qu'il avoit traduit du Banquet de Platon fût imprimé. M. l'abbé d'Olivet, ayant emprunté pour un jour ce manuscrit à mon frère, le fit copier à la hâte, ce qui est cause que