‹ Œuvres complètes de Racine (volume 2)Chapitre 136 sur 154 · ÉPITRE DE SAINT POLYCARPE · texte numérisé non relu

ÉPITRE DE SAINT POLYCARPE

pas persuader à Anicet de ne point garder une coutume qu'il disoit avoir été pratiquée par tous les prêtres, c'est-à-dire par tous les prélats de son Église, qui avoient été ses prédécesseurs. Ils communiquèrent donc ensemble comme amis et comme frères, et Anicet laissa célébrer dans l'Église, à Polj'carpe, les mystères de l'Eucharistie, pour le respect qu'il lui portoit. Enfin ils se séparèrent en paix l'un de l'autre ; et ceux qui observoient la coutume de Rome ou qui ne l'observoient pas demeurèrent dans l'union de l'Église universelle.

ÉPITRE DE SAIM POLYCARPE, ÉVÈQUE HE SMYRNE ET SACRÉ MARTYR UE JÉSL S-CHRIST, AUX PHILIPPIENS.

Polycarpe et les prêtres qui sont avec lui, à l'Église de Dieu qui est dans Philippes. Que le Dieu tout-puissant et le Seigneur Jésus-Christ, notre Sauveur, répande sur vous avec plénitude sa miséricorde et sa paix.

Je me suis beaucoup réjoui en Jésus-Christ notre Seigneur, de ce que vous avez dignement reçu chez vous des personnes qui sont des modèles vivants de la parfaite charité, et que vous av(!z accompagné, comme vous deviez, ceux qui étoient chargés de ces chaînes honorables qui sont les précieuses couronnes de ceux que Dieu et Notre-Seigneur ont particulièrement choisis pour rendre témoignage à la vérité.'

Au reste, mes frères, ce n'est pas de mon propre mouvement que je vous écris ici de ce qui regarde les devoirs de la piété et de la justice ; mais parce que c'est vous-mêmes qui m'y avez engagé par vos prières ; car moi, ni tout autre qui me ressemble, ne sommes point capables de suivre que de bien loin la sagesse de l'illustre et bienheureux Paul, qui, vous ayant autrefois honorés de sa présence, vous a si parfaitement instruits, et si puissamment affermis dans les paroles de la vérité, et qui même, lorsqu'il étoit absent et éloigné de Philippes, a écrit des lettres si excel-

I. Il entend saint Ignace, arcli. d'Aiit., Zozime et liufe. (Note de Racine.)

KI'ITKK IU-: SAINT l'OLVCAUPE. 4j5

lentes, que si vous leslisezetlesconsidérez avec soin, vouspourrez vous établir de plus en plus dans la foi qui vous a été donnée de Dieu; la(|ui'Ile est la mère qui vous a tous enfantés, qui est suivie de l'espérance, précédée et conduite par l'amour envers Dieu, Jésus-Clirist, et le prochain; car quiconque est animé de ces trois vertus a accompli les préceptes de la justice évangélique, puis(iue celui qui est possédé do l'amour divin est éloigné de tout péché.

Au contraire, l'avarice est la source de tous les maux. Souvenons-nous donc que nous n'avons rien apporté dans le monde, et que nous n'en emporterons rien aussi. Armons-nous des armes de la justice. Apprenons premièrement à marcher dans les commandements du Seigneur ; et après cela, instruisez vos femmes à marcher aussi dans la foi qui leur a été donnée de Dieu, dans la charité et la pureté ; qu'elles aient toujours un amour sincère et véritable pour leurs maris, et une charité qui se répande également sur tous les autres, et qui soit accompagnée d'une parfaite continence; qu'elles instruisent leurs enfants dans la connoissance et dans la crainte de Dieu.

Que les veuves se conservent chastes et modestes, et marchent ]iour honorer la foi du Seigneur ; qu'elles prient continuellement et pour tout le monde ; qu'elles soient éloignées de toutes sortes de calomnies, de médisances, de faux témoignages, d'avarice et de péché; et qu'elles se représentent sans cesse, qu'elles sont les autels vivants de Dieu.

Considérons que l'on ne se moque point de Dieu, et menons une vie qui soit conforme à ses commandements et qui puisse servir à sa gloire.

Que les diacres se rendent toujours irrépréhensibles en la présence de sa justice, et qu'ils vivent comme des ministres de Dieu en Jésus-Christ, et non pas comme des ministres des hommes.

Pour vous autres, mes frères, soyez soumis aux prêtres et aux diacres comme à Dieu et à .lésus-Christ.

Et vous, vierges, que votre conduite soit irréprochable, et que votre conscience soit toute chaste et toute pure.

Que les prêtres soient pleins de charité, de tendresse et de compassion envers toutle monde ; qu'ils ramènent dans le chemin du salut ceux qui en sont égarés; qu'ils visitent tous les malades ; qu'ils ne négligent ni la veuve, ni l'orphelin, ni le pauvre ; mais

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