‹ Œuvres complètes de Racine (volume 2)Chapitre 19 sur 154 · I. Il fut imprimé en · texte numérisé non relu

I. Il fut imprimé en

avoit faii ailiiiircr la pénétration de son esprit et !a prol'oiideur de sa doctrine. Il ne connoissoit point alors la mère Agnès, et avoit même été préoccupé contre le Chapelet seeret, ;i cause des dilTérends qu'il avoit causés; mais, l'ayant trouvé très-bon, il avoit ])ris lui-m^me la plume pour défendre la vérité, qui lui sembioit opprimée. 11 n'avoit point mis son nom à son ouvrage, non plus qu'à ses autres livres; mais l'évêque de Langres, ayant su que c'étoit de lui, l'alla chercher pour le remercier. A mesure qu'il le connut plus particulièrement, il fut épris de sa rare piété et de ses grandes lumières; et, comme il n'avoit rien de plus à cœur que de porter les filles du Saint-Sacrement à la plus haute perfection , il jugea que personne au monde ne pouvoit mieu\ l'aider dans ce dessein que ce grand serviteur de Dieu. Il le conjura donc de venir faire des exhortations à ces filles, et même de les vouloir confesser. L'abbé lui résista assez longtemps , fuyant naturellement ces sortes d'emplois, et se tenant le plus renfermé qu'il pouvoit dans sou cabinet, où il passoit, pour ainsi dire les jours et les nuits, partie dans la prière, et partie à composer des ouvrages qui pussent être utiles à l'Église. Enfin, néanmoins, les instances réitérées de l'évêque lui paroissant comme un ordre de Dieu de servir ces filles, il s'y résolut'.

Dès que la mère Angélique l'eut entendu parler des choses de Dieu, et qu'elle eut connu par quel chemin sûr il conduisoit les âmes, elle crut retrouver en lui le saint évoque de Genève-, par qui elle avoit été autrefois conduite; et les autres religieuses prirent aussi en lui la même confiance. En eiïet, pour me servir ici du témoi-

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