‹ Œuvres complètes de Racine (volume 2)Chapitre 47 sur 154 · Frédéric-IIi'iiri de Nassau, prince d'Orange · texte numérisé non relu

Frédéric-IIi'iiri de Nassau, prince d'Orange

gardes écossoises du comte de Grey. Schombergen donna vingt mille francs, avec six cents écus de pension viagère à ce comte.

Au commencement des guerres civiles , le cardinal Mazarin l'envoya en Poitou avec trois régiments de cavalerie et quelques compagnies franches, pour dissiper les levées que le prince de Tarante assenibloit dans cette province; de là il vint au siège de Rethel, où M. de Turenne lui donna le commandement de l'infanterie, en l'absence des oITiciers généraux, qui n'étoient pas encore arrivés.

Lorsque Monsieur le Prince eut passé la Somme et vint jusqu'à Montdidier, Schomberg eut ordre d'aller se jeter dans Corbie avec quatre cents chevaux, chacun un fantassin en croupe : ce qu'il fit, et passa pour cela derrière l'armée ennemie. Il eut quelque rencontre auprès d'Ancre.

Au secours d'Arras, il commandoit la gendarmerie. Ensuite le Cardinal le choisit pour aller surprendre Gueldres, que Plettemberg promettoit de livrer au Roi. Schomberg avoit ordre d'aller faire des levées en Westphalie, et de se venir jeter dans cette place. Mais Plettemberg, mal satisfait du Cardinal, qui ne lui donnoit pas assez d'argent, voulut livrer Schomberg aux Espagnols. Schomberg échappa, alla faire ses levées, et les amena à Thionville,

L'Archiduc s'étant plaint aux Ilollandois de ce qu'une partie de ces levées s'étoit faite dans leur pays, les états cassèrent la compagnie de cavalerie que Schomberg avoit à leur service, et qu'il avoit toujours conservée jusrju'alois, comme Estrade a toujours conservé sa compagnie d'infanterie jusqu'à la dernière guerre.

Le Cardinal lui avoit donné une commission de lieutenant général pour cette expédition de Gueldres. Il servit

fil cette qualité au siège de Landrecies, puis au siège de Saint-Guilain , où le lîoi se trouva au camp. Schoml)erg fut liles.sé à ce siège, et eut le gouvernement de la place.

H servit encore au siège de Valenciennes en qualité de lieutenant général. Son fils aîné fut tué IduI roide dans la tranchée, à sa vue, et comme il lui conmiaudoit de [)oser une fascine à. un endroit découvert. 11 commanda qu'on l'emportât, et continua à donner ses ordres.

11 étoit de jour lorsque Monsiein- le Prince altarpia les lignes; il pensa être prisonnier, et lit enfin sa retraite jusqu'au Quesnoy , avec un bon nombre de régiments, .M. lie Tureiuie n'ayant donné aucun ordre pour la retraite.

Monsieur le Prince vint se présenter à la vue du Quesnoy. M. de Turenne ne doutant point qu'il ne s'allât jeter sur Coudé ou sur Saiut-(iuilain , mais plutôt sur Condé , Schomberg fut détaché avec six cents chevaux, pour porter des sacs de farine dans ces deux places; ce qu'il exécuta à la vue de l'armée ennemie. Il revint dans Saint-Guilain. Après la prise de Condé , Monsieur le Prince ne manqua pas d'assiéger Saint-Guilain; la place éloit dépourvue de tout, par la faute du cardinal Mazarin , ffui se lioit à de mauvais avis que lui donuoit Navarre, secrétaire à Bruxelles pour les alVaires de la guerre, gagné par le Cardinal. Entre le peu de troupes qu'il y avoit à Saint-Guilain, il y avoit un régiment irlandois qui s'entendoit avec le roi d'Angleterre, alors dans l'armée d'Espagne, et qui livra aux ennemis une redoute et une demi-lune.

L'année suivante, on assiégea Montmédy, contre l'intention des Anglois, qui vouloienî qu'on fît des sièges sur la côte. De là on prit Saint-Venant, puis Mardik. L'hiver, Schomberg eut ordre de se tenir dans Courbourg. Il bou-

cha deux fois le canal par où ;\Iarsin entreprit [de faire passer] des vivres dans Gravelines.

A la bataille des Dunes, il commandoil la seconde ligne de l'aile gauche. Comme il vit que les Anglois de la première ligne étoieni maltraités sur les dunes par les Espagnols, il vint prendre le second bataillon des Anglois dans la seconde ligne , et les mena au secours des autres , qui chassèrent et défirent les Espagnols.

Ensuite on assiégea Bergues, dont il eut le gouvernement; de là il fut encore commandé pour le siège d'Oudenarde, ensuite pour le siège de Gravelines. Il employoit volontiers Vaubau dans tous ces sièges, parce que le chevalier de Glerville n'alloit point lui-même voir les travaux, et que Vaubau se trouvoil partout.

Après la défaite du prince de Ligne, Schouil)org eut ordre de marcher vers la Knoque, et d'investir Ypres. On lui avoit promis que toutes les places qu'on prendroit de ce côté-là seroient de son gouvernement de Bergues. Cependant M. de Turenne fit donner Ypres à M. de Ilumières, qui ètoit fort dans ses bonnes grâces. Schomberg sut encore que M. de Turenne avoit écrit à la cour pour faire que M. de Lillebonne commandât en qualité de capitaine général : ainsi il n'auroit été que subalterne. Voilà les premiers sujets de mécontentement qu'il eut de M. de Turenne,

Durant qu'on Iraitoit la paix aux Pyrénées, quelques Anglois de Dunquerque s'ollrn-ent de lui donner les clefs d'une des portes de la ville, comme en eflèt ils les lui mirent entre les mains. Il en écrivit au Cardinal , qui rejeta cette affiiire, de peur de se brouiller avec les Anglois, quoique Crom-\vell fût mort. Schomberg proposa la chose au roi d'Angleterre, qui n'y voulut point entendre, parce qu'il ètoit alors d'accord avec Monk.

Eli l(i();^. Ir cmiimaiidiMir INil' ;illa faire mettre le feu à deux vaiss(^ui\ amarrés à la fiirleresse de la Goulette, et la chose fut exécutée par vingt mousciuetalres du Uoi, Moissat eutre autres. Bétliomas les commaiuloit.

Le même attaqua, lui ([ualrième dans uue chaloupe, une chaloupe pleine de Mores, au nombre de trente.

En 1667, on effaça toutes les couleuvres ou serpents des ornements qui étoient au Louvre.

En 167-2, le Roi vouloir i|iie MM. du Malte se déclarassent aussi contre les llollandois. Ils dirent qu'ils ne se déclaroienf jamais que contre le Turc. Néanmoins l'ambassadeur demandoit qu'on les comprit dans le traité qu'on pensa faire à Utrecht.

On prétend rpie M. de Lauzun avoit ou une extrême passion d'avoir le régiment des gardes, mais qu'à cause du maréchal de Gramont il eût bien voulu que le Roi l'en eût pressé. On dit donc qu'il en parla à M™* de Montespan , et qu'ensuite il se cacha pour voir comme elle en parleroit au Roi; qu'ayant vu qu'elle s'étoit moquée de lui, il lui chanta pouille et la menaça^.

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