Ce raémoii'u est dans Siri, à l'endroit cité on marge
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les mains de M. des ^oyel•s, sur les dix heures du soir. Des INoyers la fit voir au Cardinal duc, qui le lendemain, de granti malin, la porta au Roi à Saint-Germain, qui l'a toujours gardée depuis: et il commanda au Cardinal d'assurer les Portugais de toute sorte de secours, quand il devroit engager la moitié de son royaume. Les Portugais ne manriuèrent pas de se déclarer au bout d'un mois, c'est-à-dire au commencement de décembre, etc.; et le Roi promit que jamais il ne feroit de traité avec les Espagnols que le Portugal n'y fût compris. »
Les Portugais, durant qu'on éloit asseml)lé à Munster, s'étoient bien gardés de presser les Espagnols avec toutes leurs forces, de peur qu'ils ne fissent leur traité avec la France, et qu'ils ne retombassent sur le Portugal.
L'n peu a\anl que la reine de Portugal' se séparât du Roi son mari, elle avoit oublié sous son chevet une longue lettre du comte de Schomberg, où étoit tout le projet de la révolution qui se devoit fah-e. Elle se souvint de sa lettre à la messe, fit l'évanouie, et se fit reporter sur son lit, où elle retrouva sa lettre.
Toute l'afTaire fut entreprise et conduite par le P. Lami, jésuite, son confesseur.
Un peu avant la séparation, clic avoit écrit à M""" de Vendôme qu'elle étoit grosse. Celle-ci en monira la lettre
1. Manc-ÉIisabetli-Françoise d'Aumale, priocesse de Savoie Nemours , mariée en IGGO au roi Alphonse \'I.
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à l'ambassadeur de Savoie, afin qu'il l'îl part de la bonne nouvelle en son pays.
On fait en Portugal des comtes pour la vie, (juel([uel'ois pour deux races, quelquefois pour tous les aînés. M. de Seliomberg a été fait comte ]iour tous les aînés qui descendront de lui.
Trois François de Mcllo : le premier, celui f|ui perdit la bataille de liocroy; le second (pii, eu Icitil, lit le mariage du roi d'Angleterre, et qui fut ensuite assassiné; le troisième, qui a été depuis en ambassade aussi en Angleterre. Ils n'étoient point parents : le premier. Portugais de grande nuiison ; les deux autres , de médiocre noblesse.
C'est dans le premier volume des Memorie recondite, p. â3/i , que Siri charge Frà Polo de n'avoir pas été bon catholique.
J'ai relu avec attention cet endroit de son histoire. Sa narration m'a paru fort embarrassée ; et de tout ce qu'il dit, je ne vois pas qu'on puisse tirer aucune démonstration contre la pureté de la foi de F. Polo.
Siri dit deux choses qui semblent même se contredire.
L'une, que F. Polo, dans le cœur, étoit luthérien; l'autre, qu'il entrelenoit commerce avec des huguenots de France.
Il avance le premier fait sur un simple ouï-dire. 11 appuie le second sur des dépêches de M. Brulart, ambassadeur de France à Venise, qui sont dans la bibliothèque du Pioi.
« Ces dépêches portent, dit Siri, que le nonce du Pape en France, ayant surpris des lettres de F. Polo à des huguenots, forma le dessein de le déférer à l'inquisition de Venise, afin qu'on lui fit son procès, et en même temps de doinier avis de la chose au sénat, afin que la Piépublique connût de quel théologien elle se servoil ; car F. Polo avoit la qualité de théologien de la République. Mais le Nonce ayant fait réflexion qu'étant ministre du Pape, le sénat n'auroit pas grand égard à son témoignage, il s'adressa à M. Brularl, pour le prier de se charger de la chose, et de se plaincke, tant au nom du Roi son maître que pour l'intérêt de la religion, des cabales que F. Polo faisoit avec les calvinistes de France. M. Brulart, coimoissaut à quel point la République étoit prévenue pour F. Polo, jugea à propos de ne point intenter cette accusation, qui, au lieu de perdre F. Polo, ne serviroit qu'à rendre sa personne et son mérite plus recomniandables en ce payslà. Du reste, M. Brulart savoit, il y a longtemps, ce prétendu commerce, qui lui avoit été révélé en France par un lieutenant de Laval, nommé la Motte. » Siri ajoute que cet ambassadeur, en arrivant à Venise, eut la curiosité de connoître un homme si fameux, et voulut lui rendre visite; mais que F. Polo, qui étoit devenu fort circonspect, et se tenoit sur ses gardes, fit dire à l'ambassadeur qu'étant théologien de la République, il ne lui étoit pas permis d'avoir commerce avec les ministres des princes sans permission de ses supérieurs, c'est-à-dire le sénat; que l'ambassadeur sachant d'ailleurs que c'étoit un honnne sans foi, sans religion, sans conscience, et qui ne croyoit pas l'immortalité de l'âme, ne se soucia pas ti'op de faire habitude avec lui; et que la chose en demeura là. Siri dit encore que l'ambassadeur avoit apporté à F. Polo des
li'Ures de M. de Tliou vi de M. l'iichassier, avocat au Parlement, coninic voulaiil insinuer ()ue c'étoient des calvinistes; mais que F. Polo, qui se croyoil épié, ne leur fil point de réponse.
Tout cela, ce me semble, ne jirouve pas grand'chose contre F. Polo. 11 faudroil a\(iif i'a[)piHl('' (|iii'I([ues-unes de ces lettres pour juger si elles étoient hérétiques. Un homme peut écrire à des huguenots sans être huguenot lui-même : d'autant plus que Siri, comme j'ai déjà remarqué, l'accuse d'avoir éié de la coiifessidu d'Augsbourg. Siri auroit mieux fait, ou de bien prouver la chose, ou de ne pas noircir légèrement la mémoire d'un homme qui vaut infiniment mieux que lui; et qui peut-être avoit plus de religion que Siri même. Je ne sais si ce n'est pas même faire quelque tort à la religion de dire qu'un homme si généralement estimé des hommes n'a point eu de religion. Les impies peuvent abuser de cet e.xemple.