Depuis Loui'î XIV
2. Il Le D.uipliiii, comme le soleil, par sa cluilcur et, sa lumiî'i'e, fera le bonlieur de la l'"rance et des amis de la France. Déjà il tette sa neuvième nourrice ; elles le fuient toutes, parce qu'il maltraite leurs mamelles. » (G.)
EXPLICATIONS DE 3IEDA1LLES
LA PRISE DE MAllSAL.
(Retrait du registre de l'Académie des inscriptions.)
Charles I,' duc de Lorraine, célèbre par sa valeur et par son habileté pour la guerre, l'est encore plus par son inconstance et par la légèreté de son esprit, qui enlhi l'ont conduit à sa ruine. 11 n'est pas croyable combien de différents traités il avoit faits avec la France, qu'il avoit tous également violés. Le Roi néanmoins, peu de temps après la paix des Pyrénées, lui rendit gracieusement ses États, mais aux conditions qui furent jugées nécessaires pour s'assurer contre son peu de bonne foi. A peine il fut rétabli, qu'il proposa de lui-même au Roi le fameux traité par lequel il lui cédoit la Lorraine, et lui remettoit d'abord Marsal pour sûreté de sa parole. Mais le traité ne fut pas plus tôt signé qu'il chercha tous les moyens d'en éluder l'exécution. Il fit travailler en hâte aux fortifica-
1. Dans l'Histoire métallique, aussi bien que dans le registre de lAcadcmie des inscriptions, on lit Charles I, au lieu de Chartes IV. Cette f.iute ainsi répétée est difficile à expliquer. On avait, il est vrai, coutume en France de dire simplement •< le duc de Lorraine », ou « Charles de Lorraine ii ; et non u Charles IV n. M.iis ses prédécesseurs n'y étaient pas inconnus. (P. M.)
234 EXI'LICATIONS DE MÉDAILLES.
lions de Marsal, y jeta une garnison nombreuse, et recommença ses anciennes pratiques avec les ennemis de la France. Le Roi, justement indigné de ce manquement de parole, fit aussitôt investir Marsal, et, voulant faire ce siège en personne, se rendit en deux jours à Metz avec toute sa cour. Alors le Duc, dont cette extrême diligence avoit rompu toutes les mesures, vit bien qu'il ne lui restoit d'autre parti que de se remettre entre les mains du Roi. En effet il vint le trouver à Metz, et, après avoir signé un nouveau traité, qui étoit le troisième depuis trois ans, envoya ses ordres ])0ur faire rendre Marsal à Sa Majesté.
C'est le sujet de cette médaille. Le duc de Lorraine y est représenté sous la forme du dieu Protée, qui, connue on sait, se changeoit en toutes sortes de figures, et qu'il falloit enchaîner pour le faire parler. Ces mots : Mars.\i.iuM CAPTU.M, et ces autres : Protei .artks DEi.rs.E, font entendre que toutes les ruses du nouveau Prêtée furent déconcertées par la prise de Marsal.
MEME SUJET
(Extrait de l'Histoire métallique.)
Charles 1, duc de Lorraine, célèbre par sa valeur et par sa grande capacité pour la guerre , l'est aussi par son inconstance et par la légèreté de son esprit, qui enfin le conduisirent à sa perte. 11 n'est pas croyable combien de différents traités il avoit faits avec la France, qu'il avoit tous également violés. Le Roi néanmoins, peu de temps après la paix des f'yrénées, lui rendit généreusement ses États. A peine fut-il rétabli, qu'il proposa de lui-même le fameux traité par lequel il cédoit au Roi la Lorraine, et reraettoit d'abord iMarsal, pour sûreté de sa parole. Dos que le
traitt'' fut sigm'', il chercha tous h^s moyens d'en éluder rexéeution, recoinmenra ses aiieieiines pratiques avec les ennemis de la France, fit fortifier Marsal, et y jeta une gai'iiison noniljn'use. Le Roi, justement irrité, fit investir Marsal, dont il vouloit faire le siège en personne, se rendit à Metz en quatre jours, et s'avança à Nonieny, où il fit la revu»' de ses troupes. Alors le Duc, dont cette extrême diligence avoit rompu toutes les mesures, prit le parti de se mettre à. la merci du Roi. 11 vint trouver Sa Majesté à Metz, envoya ordre de remettre Marsal aux troupes du Roi, et signa un nouveau traité, qui étoit le troisième depuis trois ans. C'est le sujet de cette médaille. Le duc de Lorraine est représenté sous la forme du dieu Protée, qui, selon la fable, se changeoit en toute sorte de figures, et qu'on ne pouvoit fixer que par la force. La légende : Pkotei aktes dki.us.e, signifie Les arlificex du nouveau Prolée rendus inutiles; l'exergue: M.vrs.^lil.m caf- TU.M. M.uc.Lxni, l'rise de MarsnI. ICGo.
l.A VILLE DEUFORD
nENDLli A l'archevêque DE MAVENCE
(Extrait du registre de l'Académie des inscriptions.)
Quoique \r<n la paix de Muiisler l'archevêque et l'Église de Mayence eu.sseut été rcMablis dans leur droit de .souveraineté sur la ville d'Erford, cette grande ville néanmoins, qui étoit pre.sque toute luthérienne, prétendoit toujours demeurer libre et indépendante, et par son opiniâtreté avoit enfin obligé l'Empereur à la mettre au ban de l'Empire. Mais l'Empereur n'étoit guère en état de faire exécuter ce décret, étant lui-même assez embarl'assé à se défendre contre le Turc : d'autant plus qu'on appréhendoit que tout le parti protestant ne se déclarât
«56 EXI'LICATIOXS DE MÉDAILLES.
pour Erford. Dans cette extrémité , l'archevêque eut recours au Roi, comme au protecteur des traités de AVestplialie. Aussitôt le Roi lui envoya un corps de six mille hommes commandés par Pradel, lieutenant général, qui eut ordre de passer le Rhin en diligence, et de marcher droit à Erl'ord. Ces troupes, auxquelles se joignirent quelques régiments de l'Électeur, s'emparèrent d'abord d'un fort dont la ville étoit connnandée, et se préparoient à emporter la ville même; mais les habitants enrayés oITrirent de se soumettre, et en effet jurèrent à l'Électeur et à son Église la fidélité qu'ils leur dévoient.
C'est le sujet de cette médaille. On y voit la France (jui présente à la Religion la ville d'Erford, aisée à connoilre à l'écusson de ses armes gravé sur son bouclier. Les mots latins de la légende : Erfordia EcclesIjE Mogu.n- I in.t: liKSTiTi'TA, signifient Erford rcstilucc à l'Église de Minjeiire; et ceux de l'exergue : Gai.i.ia vindex, veulent dire La protection de la France. lG6/i.
MEME SLJET
(Extrait de l'Histoire métalliriue.)
Quoique par la paix de Munster l'arclievêque et l'Église de Mayence eussent été rétablis dans leur droit de souveraineté sur la ville d'Erford, cette grande ville néanmoins, presque toute lutliérienne, prétendoit toujours demeurer indépendante, et par son oi>iniûtreté elle avoit enfin obligé l'Empereur à la mettre au ban de l'Empire. Mais l'Empereur, assez embarrassé lui-même à se défendre contre le Turc, se trouvoit d'autant moins en état de faire exécuter ce décret, qu'il avoit sujet d'appréliender que tout le parti protestant ne se déclarât juiur Erford. Dans cette extrémité, r.\rchevêque eut recours au lloi, connue au protecteur des traités de AVeslphalie. Aussitôt Sa Majesté lui envoya six mille
hommes fomiiuiiulés par le litnueiiaiit général Pradiîl, qui eurent ordre de passer le llliin en diligence, et de niarclier droit à Erford. Ces troupes, auxquelles se joignirent quelques régiments de l'Électeur, s'emparèrent d'un fort (pii comniandoit la ville, et se préparoient à emporter la ville même ; mais les habitants effrayés olïrirent de se soumettre, et jurèrent à l'Électeur et à son Église la fidélité qu'ils leur dévoient.
C'est le sujet de cette médaille. On y voit la France qui présente à la Religion la ville d'Erford. Les mots de la légende : G.vllia viNDEX, signifient La France prolectrice ; ceux de l'exergue : Er- FORDIA EccLESi.E MoGi'NTiN.€ RESTiTUTA. ti.DC.LXiv, Evford rendue à l'Église de Mayence. 166/|.
DUNKERQLE FOHTIFI'ÉE.
(Extrait du registre de l'Acadoniie des inscriptions.)
DuNKERQUE passoit déjà pour iim; des plus considérables places des Pays-Bas, lorsque lo Roi la retira des mains des Anglois; mais il trouva lanl de défauts dans son port et dans ses fortilications qu'il se crut obligé de la renouveler presque tout entière. En eflet, outre la construction d'une citadelle à cinq bastions et du fort Louis, qui en a quatre, il est incroyable combien de nouveau.x ouvrages on a élevés, tant du côté de la mer que de celui de la campagne, combien de bastions on a revêtus, combien d'autres on a rebâtis. Ses dehors, qui n'étoient partout que de lerre, sont maintenant de grosse maçonnerie. 11 a fallu nettoyer et creuser les fossés, et, pour empêcher qu'ils ne fussent comblés à l'avenir, on a rasé quantité de dunes fort élevées, dont les sables y VI. 17
étoieiU à toute heure portés par les vents. Ou n'a pas moins traA-aillé à creuser et à nettoyer son canal, en telle sorte qu'au lieu qu'il n'y pouvoit entrer que des barques (le pêcheurs, les plus grands vaisseaux y entrent trèsfacilement. On a fait aussi des jetées de pierre, qui s'avancent fort loin dans la mer, avec des forts et des batteries; et on a coupé un grand banc de sable qui fermoit presque entièrement l'entrée du port. En un mot, à comparer l'état où le Doi a trouvé Dunkerque avec celui où on la voit aujourd'hui, on peut dire que d'une place trèsfoible, il en a fait la plus formidable de ses places.
C'est le sujet de cette médaille. On y voit le plan exact de Dunkerque, du port et de ses fortifications. Sur le devant de la médaille est la ville de Dunkerque, sous la figure d'une Femme couronnée de tours. Elle est assise, et tient d'une main un gouvernail, et de l'autre une ancre. Les mots de la légende : Freti Gallic.i decls et securitas, font entendre que cette place fait la sûreté et l'ornement de la cote de France. Il y a ;i l'exergue : Dunkerca mu- MTA ET AMPLiATA, Dankirqiic (itigtin)tlcc et fortifiée. 1671.
MÊME SUJET
(Extrait de l'Histoire métallique.)
Le Roi, lorsqu'il eut retiré Dunkerque des mains des Anglols. trouva de si grands défauts dans les fortifications qu'il jugea d'une absolue nécessité de les refaire presque entièrement. Dès l'année 1665, on commença par le château, et on changea tous les dehors. Ce travail fut continué en 1071 par trente mille hommes que le Roi y employa. 11 n'est pas croyable combien il y a eu de nouveaux ouvrages élevés et du côté de la mer et du côté de la terre ; combien de bastions revêtus, changés ou refaits. On a rasé plu-
EXPLICATIONS DE MÉDAILLES. 2u9
sieurs dunes qui dominoicnt la place, et dont les sables étoient portés par les vents dans les canaux et dans les fossés. La citadelle a été perfectionnée, et le fort Louis achevé; et pour rétablir le port, on a coupé un banc de sable de cinq à si.\ cents toises, qui fermoit l'entrée. Au lieu du canal de Mardik, que les sables combloieut, on a fait le nouveau canal, par où en tout temps peuvent entrer et sortir des vaisseaux de soixante pièces de canon. Ce canal est soutenu par deux jetées de charpente, qui s'avancent fort loin dans la mer, et dont les approches sont défendues par deux risbans, ou forts de maçonnerie, et par deux batteries. On a creusé dans la ville un bassin qui peut toujours tenir à (loi trente vaisseaux de guerre et [ilusieurs autres bâtiments. Kn un mot, à comparer l'état où le lloi a trouvé Dunkerque avec celui où elle est aujourd'hui, on pi'Ut dire que d'une place très-foible, il en a fait la plus forte de ses places.
C'est le sujet de C(!tte médaille. Elle représente le plan exact de Dunkerque; la ville, sous la figure d'une Femme couronnée de tours, tient un (sic) ancre et un gouvernail. La légende : Frijti gallici decus et SEcuRiTAS, Signifie L'ornement et la sûreté de la cote de France dans la Manche; l'exergue : Dunquehca MU.MTA ET AMi'LiATA. M.DC.LXxi, Duiikerque agrandie Cl fortifiée.
WOERDEN SECOURU.
(Extrait du registre de l'Académie des inscriptions.)
Le (lue de Luxembourg, qui commandoit dans Utrecht, n'eut pas plus tôt appris que Woërden ctoit assiégé par le prince d'Orange, qu'il y courut avec environ trois mille hommes qui se trouvèrent en état de marcher, laissant ordre au reste de ses troupes de le suivre en diligence. La place ctoit fort pressée, et il n'y avoit pas de temps à
perdre pour la secourir; mais la diQiculté éloit de pouvoir aborder les quartiers des ennemis, tout le pays étant inondé, à la réserve d'une digue, où ils avoient cinq ou six retranchements les uns sur les antres, bordés de canon et d'infanterie. Toutefois le duc de Luxembourg ne balança pas à les attaquer. Il entra dans l'inondation l'épée à la main, et, les prenant par le front et par les flancs, pendant que la garnison de la place les chargeoit aussi de son côté, il les força et tailla en pièces tout ce qui osa lui résister. Le prince d'Orange n'eut que le temps de mettre des canaux entre lui et les François, leur abandonnant six pièces de canon et une partie de son bagage, quantité de prisonniers, et plus de deux mille morts, entre lesquels étoil le comte de Zuylcslain, oncle naturel de ce prince et général de l'infanterie lioIJandoise. Cette action se passa le onzième octobre 1672.
C'est le sujet de cette médaille. La Victoire présente une couronne d'herbes verdoyantes et fleuries sur une colonne plantée au milieu d'un marais, et à laquelle est attaché un bouclier aux armes de Hollande. Celle couronne marque la levée du siège. 11 y a à la légende : Ba-
TAVORLM CASTRIS CAPTIS liT DIREl'TIS, Le CUmp llcS llolluil-
dois pris et pillé ; à l'exergue : Wurda obsidione libe- RATA, Woërden .scroitnt li le nicye levé. 1672.
MÊME SUJET
(Extrait de rnistoire métallique.)
Lo duc de Luxembourg, qui conimandoit pour li^ Roi dans la province d'iitrecht, n'eut pas plus tôt appris que AVoërdun étoit assiégé par le prince d'Orange, qu'il y courut avec environ trois mille hommes qui se trouvèrent en état de marcher, et laissa
EXPLICATIONS DK MÉDAILLES. 261
ordre au reste dos troupes de le suivre en diligence. Les ennemis pressoient fort la place, et il n'y avoit pas de temps à perdre pour la sauver. La dilliculté étoit d'aborder leurs quartiers dans un pays tout inondé, à la réserve d'une digue, où ils avoient cinq ou six retranchements l'un sur l'autre, bordés de canon et d'infanterie. Le onze d'octobre, à deux heures après minuit, le duc de Luxembourg, avec ses trois mille hommes, arriva à la vue des retranchements. Il attendit jusqu'à cinq heures le reste de son infanterie; mais, craignant que s'il attendoit plus longtemps, il ne pourroit cacher le petit nombre de ses troupes aux ennemis, et perdroit l'occasion de se battre, il ne balança point. Il passa l'inondation sur la glace, et, les attaquant de front et en flanc, pendant que la garnison de la place les chargeoit aussi de son cùté, il força et tailla en pièces tout ce qui lui résista. Le prince d'Orange n'eut que le temps de mettre des canaux entre lui et les François. I! abandonna six pièces de canon (!t une partie de son bagagi!. On fit un grand nombre de prisonniers, et on tua plus de deux mille hommes, entre lesquels se trouva le comte de Zuilestain, oncle naturel de ce prince et général de l'infanterie hollandoise.
C'est le sujet de cette médaille. On voit au milieu d'un marais une colonne, à laquelle on a attaché un bouclier. La Victoire pose sur le haut de ce bouclier une couronne d'herbes verdoyantes et fleuries. La légende : Castris Batavorum captis et direptis, signifie Le camp des Uollandois pris et pillé; l'exergue : Wcrda OBsiDiONE LiBERATA, M.DC.LXxii, Woërdeii secouru. 1672.