‹ Œuvres complètes de Racine (volume 2)Chapitre 88 sur 154 · LA TRÊVE · texte numérisé non relu

LA TRÊVE

(E.itrait du registre de l'Académie des inscriptions.)

Après la conquête de Luxembourg, le Roi se trou voit en état d'emporter sans résistance le reste des Pays-Bas

catholiques. Il avoit en Flandre deux armées de quarante mille hommes chacune, et non loin de là, les troupes de l'électeur de Cologne, son allir, montoient à près de vingt mille hommes, commandés par un de ses lieutenants généraux. Les Espagnols, qui lui avoient déclaré la guerre, n'avoient ni argent ni troupes. Toutes leurs places étoient en fort mauvais état. L'Empereur, occupé contre le Turc, ne pouvoit de longtemps les secourir; et les Hollandois, divisés entre eux par des factions, étoient à la veille d'une guerre civile. Le Roi, persistant dans le dessein de donner la paix à la chrétienté, ne changea rien néanmoins aux conditions auxquelles, avant la prise de Luxembourg, il avoit promis de poser les armes. II offrit toujours de rendre à l'Espagne Courtray et Dixniude rasés, et de faire avec elle, et en même temps avec l'Empereur et avec l'Empire, ou la paix ou une trêve de vingt années. Les Hollandois, malgré les oppositions du prince d'Orange , embrassèrent avec joie la trêve, qui bientôt après fut aussi acceptée de tous les princes de l'Empire, et de l'Empereur même. Les Espagnols, demeurés' seuls, enfin, après bien des plaintes, renvoyèrent aux commissaires de l'Empereur tous leurs dillérends pour être terminés à Ratisbonne. Ils espéroient faire comprendre dans le traité la république de Gênes, qui s'étoit nouvellement mise sous leur protection ; mais le Roi voulut absolument se réserver la liberté de châtier cette république, si elle n'avoit recours à sa clémence. Ainsi la trêve fut signée et ratifiée pour vingt ans.

C'est le sujet de cette médaille. Pallas, qui représente la prudence et la valeur du Roi, y est assise à l'ombre d'un laurier, sur un monceau d'armes, tenant sa lance d'une main, et s' appuyant de l'autre sur son bouclier, dont elle cache l'égide. Les mots de la légende : LNDuciiE ad

viGiNTi ANNOs DAT.ï, signifient La Ircvc accordée pour vingt ans; et ceux (le l'exergue : Virtute et phudi.ntia Pri\cipis, veulent dire que cette trêve est également l'ou- \Tage de la valeur et de la prudence du Roi. 1684.

MÊME SUJET

(Extrait de THistoire métallique.)

Depuis la conquête de Luxembourg, le Roi se voyoit en état de eonquérir le reste dos Paj-s-Bas catlioliques. Il avoit en Flandre deux armées de quarante mille hommes chacune; et un de ses lieutenants généraux commandoit dans le pays de Liège les troupes de l'électeur de Cologne, son allié. Les Espagnols n'avoient ni troupes ni argent, et toutes leurs places étoicnt en fort mauvais état. L'Empereur, occupé contre le Turc, ne pouvoit de longtemps les secourir; et les Hollandois, divisés entre eux par des factions, étoicnt à la veille d'une guerre civile. Le Roi, constant dans la résolution de donner la paix à la chrétienté, ne changea rien aux propositions qu'il avoit faites avant la prise de Luxembourg. Il offrit toujours de rendre à l'Espagne Courtray et Dixmude rasés, et de faire avec elle, et en même temps avec l'Empereur et avec l'Empire, ou la paix ou une trêve de vingt années. La Hollande, malgré les oppositions du prince d'Orange, embrassa avec joie la trêve, qui fut aussi bientôt acceptée de tous les princes de l'Empire, et de l'Empereur même. L'Espagne demeura seule; et, après bien des plaintes, elle renvoya enfin aux commissaires de l'Empereur tous ses différends pour être terminés à Ratisbonne, oi'i la trêve fut signée et ratifiée.

C'est le sujet de cette médaille. Pallas, assise sur un monceau d'armes, à l'ombre d'un laurier, tient sa lance d'une main, et s'appuie de l'autre sur son égide, qu'elle cache. La légende : ViRTus ET PRCDENTiA pRixciPis, signifie Valeur et sagesse du Roi ; l'exergue : Inddci^ ad viginti ankos dat.e. m.dc.lxxxiv, Trêve accordée pour vingt ans. 1C8i.

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