‹ Œuvres complètes de RacineChapitre 150 sur 249 · XI · texte numérisé non relu

XI

DE M. VUILLARD A M. DE P RÉ FONT AINE

10 janvier 11.09.

.... Le mariafîe fut célt^bré le 7. Monsieur de Saint-Séverin en fit la cérémonie à Saint-Sulpice avec l'agrément du curé; car c'est depuis quelques années la paroisse de M. Racine, auparavant de celle do Saint-Séverin, sur laquelle est M. de Moramber. M. Racine donna le dîner des noces. Monsieur le Prince- lui avoit envoyé pour cela, deux ou trois jours auparavant, un mulet chargé de gibier et de venaison. 11 y avoit un jeune sanglier tout entier. Le soir il n'y eut point de souper chez le pore de l'époux avec lequel on étoit convenu qu'il donneroit plutôt un diner le lendemain, afin qu'il n'y eût point deux grands repas en un jour. Tout finit donc le soir des noces par une courte et pathétique exhortation de Monsieur de Saint-Séverin sur la bénédiction du lit nuptial qu'il fit. M. et M"" Racine se retirèrent à huit [heures] et demie. Les jeunes gens firent la lecture de piété ordinaire à la prière du soir avec la famille. Le père, comme pasteur domestique, répéta la substance de l'instruction de monsieur le curé; et tout étoit en repos comme de coutume avant onze heures. Il n'y eut point d'autres garçons de la noce, ou plutôt amis des époux, que M. Despréaux et moi. Ainsi Ton y vit l'effet des prières de la bonne Mère abbesse de Port-Royal, grande-tante de l'épouse, et de l'excellent ami que vous allez reconnoitre. Monsieur, ;'i son style ordinaire, auquel vous êtes fait.' Comme il est ami de M. Racine, qu'il avoit su mon voisin à la rue des Maçons, il lui en donne toujours le nom. J'avois recommandé cette alliance à ses prières. Voici donc sa réponse : « Je félicite l'illustre voisin de l'heureuse alliance dont vous êtes

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