‹ Œuvres complètes de RacineChapitre 235 sur 249 · TORRE.M DE MOTS QUI ACCUSE · texte numérisé non relu

TORRE.M DE MOTS QUI ACCUSE

Quel trouble, quel torrent de mots iiijurieui, Accusoit à la fois les hommes et les dieux.

//j/i., act. m, se. VI.

C'est l'expression vulgaire un torrent d'injures anoblie dans une phrase poétique.

Tous.

Tous ces mille vaisseaus, qui chargés de vingt ruis

Iph.^ act. I, se. I.

Ce mot tous, placé avec un nombre déterminé, est d'un effet prodigieux; il multiplie les vaisseaux, c'est comme s'il disait tous ces Milliers de vaisseaujc. 11 n'y a point, dit La Harpe, de construction plus originale et plus hardiment créée, et cette nouveauté dans le langage se dérobe sous l'extrême vérité du sentiment qui a suggéré l'expression.

Tout mort ql'il est.

Tout mort qu'il est, Thésée est présenta vos yeux.

Phèdr., act. U, se. v.

Cette expression si familière est relevée par l'hémistiche qui suit. Placée à la fin du vers, elle n'eiU pas été supportable.

Tracer des vertus.

Mais il est des vertus que je lui puis tracer.

Jim., act. I, se. i:.

Ellipse. C'est-;\-ciire dont je puis lui tracer le chemin. Traces de sang.

Quelles traces de sang vois-je sur vos habits !

Frères t'MU.. act. I, se. m.

Racino lr> fils dit qiiR lf>s traces de sang sont sur la terre, et qu'on ne dit point des traces de sang sur un habit pour des taches. Nous citons cet exemple pour montrer quelles timides objections ont, à une certaine époque, été opposées à Racine.

Trafiquer des secrets.

Trafiquent avec lui des secrets do mon ame.

lîrit., act. I, se. IV.

Ce mot trafiquent est très-beau, car uni au mot seci'et il renferme ridée de trahison. C'est d'ailleurs le portrait de Narcisse que IJritannicus fait à Narcisse lui-même, mais sans le savoir, c'est-à-dire sans lui en faire l'application.

Traîné sans honneur.

Et traîné, sans honneur, autour de nos murailles.

Andr., act. lit, se. viii.

.Andromaque pense aux honneurs funèbres qu'on aurait dit rendre à son épou.v. Le .>^cns est donc : et privé d'hnnneur, traîné autour de vos murailles. Le mot de Racine est plus rapide, il rend Vinglorius des Latins.

Traîner pour enlrainer.

Au sort qui me traînait, il fallut consentir.

Ipli., act. II, se. I.

Cet emploi du verbe traîner au lieu du verbe enlrainer mérit : d'être remarqué. Racine, en préférant le premier au second, qui eût également rempli la mesure du vers, voulait sans doute par la dureté de cette expression faire sentir qu'Ériphile parle d'un amour malheureux et qui l'huiiiilie.

Tranquillité.

Je voudrois la haïr avec trnnguillilc.

Itrit., act. III, .se. vi.

Pour je voudrais ne pouvoir plus douter de son infidélité, afin de ne plus l'aimer. Q\ie de choses dans un seul mot!

Travaille pour tourmente.

Et, si l'on vous croyoit, le soin qui vous travaille.

Alex., act III, se. i.

Ce mot, pris en ce sens, avait une grande vigueur clans la langue du xvr siècle. Un pamphlétaire disait alors de Catherine de Médicis : la tncchancelé qui la travaille, et aucun autre mot de la langue n'aurait cette énergie. Aujourd'hui il n'est plus en usage que dans le style familier. Les bons écrivains devraient le rajeunir.

Traverses pour détour.

Mais enfin je commence après tant de traverses.

MWir., act. I, se. m.

Ce mot n'a jamais été employé pour détour. Peut-être Racine a-t-il voulu lui attribuer le sens à^obstaclc, sens qui appartient seulement au verbe traverser. On dit très-bien traverser un projet, pour susciter des obstacles ; mais l'analogie n'est pas sufflsante, et le sens de traverse est si bien arrêté qu'il n'est pas possible de le changer. Dans le style noljle ce mot signifie seulement : accident, tnalheur.

Tristesse OBscLiiE pour sombre tristesse.

Que présage .à mes yeui cette tristesse obscure.

lirit., act. n, se. il.

La Harpe a remarqué que la tristesse est appelée ici tristesse obscure, parce qu'elle obscurcit le front, et cette dernière expression est elle-même une métaphore. D'ailleurs on dit fort bien une sombre tristesse, ainsi l'analogie est en faveur de tristesse obscure.

Troie expira.

Hector tomba sous lui, Troie expira sous vous.

Andr., act. I, se. ii.

Une ville qui expire. Belle expression qui essuya la critique de Subligny et des grammairiens du temps, et cependant la gradation est admirable. Hector tomba sous lui, c'était un grand homme de moins; cependant Troie vivait encore, elle pouvait nous résister dix autres années, mais Troie expire ; et tout est fini. Voilà ce que les grammairiens critiquaient sans le comprendre.

Troie ardente plongée dans le sang.

Dans des ruisscius de sang, Troie ardente plongée.

,indr., act. IV, se. v.

Je ne connais rien de plus original et de plus énergique, en alliance de mots et et en images, que Troie ardente plongée dans des ruisseaux de sang comme un fer rouge dans l'eau bouillonnante. Observons ici combien l'inversion ajoute à l'eflet, et coin-

nrCTIOXXAIRE CRITIQUE. 511

bien, maigri': la beauté de l'expression, le dernier hémistiche perdrait à devenir le premier.

TVRANNIQUE ÉPOUX.

No voudriez-vous point, qu'approuvant sa furie, Je suivisse i\ rautcl un tjrannique époux ?

Millir., act. IV, se. il.

L'adjectif lyraimique ne s'applique qu'aux choses : pouvoir lijrnnniqne. conduite tyrannique ; muis le poëtepeut le transporter heureusement aux personnes, comme le prouve cet exemple de Racine.

Unissam d'l.\ poignard.

Et d'un même poignard, les unissant tous deux,

Les perce ï'aa et rautre

lia]., act. IV, se. iv.

Expression d'une hardiesse heureuse ; ils veulent être unis, elle les unira, mais d'un même poignard. Remarquez le demi-vers suivant : quelle rapidité! en un vers et demi elle les tue deux fois.

Vai.ncu de.

Quoi ! déjà votre amour des obstacles vaincu.

Jldj., aet. IV, se. vi.

Construction poétique introduite dans la langue par Malherbe, et deux fois imitée par Racine. En prose il faudrait dire ■ vaincu par les obstacles.

Vais ou Vas.

Madame, je m'en vais retrouver mon armée.

Frères enn., act. 1, se. iv.

On lit dans Vaugelas que toute la cour disait je vas, et le peuple je vais. Mais depuis Vaugelas, l'usage contraire s'était établi. Pascal se sert ordinairement de je vas, et suivant d'Olivet tous les deux se disent.

Quant à ces mots : retrouver mon armée, c'cst-ii-dire retourner auprès de mon armée, ce mot retrouver n'est guère d'usage en ce sens que dans le style familier.

Se venger par d'autres chemins.

Vengeons-nous, j'y consens, mais par d'autres chemins. Andr., act. IV, se. m.

Il y a analogie avec cette autre expression : se venger par une voie. D'ailleurs, suivant l'Académie, on peut employer le mot chemin au fisruré ; il signifie alors moyen qui mène h quelque fin. Le vers de Racine n'est donc pas incorrect, comme le dit La Harpe ; seulement il y a défaut d'élégance, le mot chemin étant moins yioble que le mot voie.

Véquit.

Vèquit de si longues années.

Épigramwe Vil.

Vcquit, selon Richelet, était de plus beau style que vécut. L'usage a fait prévaloir ce dernier.

Vers pour envers.

Et m'acquiUer vers vous de mes respects profonds.

Baj.f act. III, se. ir.

Du temps de Racine cette locution n'était pas française, Vaugelas l'avait condamnée. Fers, disait ce grammairien, signifie le versus des Latins, vers l'orient, vo's l'occident; et envers signifie Verga comme la piété envers Dieu. Ce serait mal parler que de dire piélé des enfants vers le père. L'usage a donné raison à Vaugelas.

Vertl' qci s'effarouche.

Je connois sa vertu prompte à s'effaroucher.

Baj., act. 1, se. i^*.

Racine est le premier qui ait employé au figuré cette expression devenue aujourd'hui d'un usage habituel.

Vie qli jette un crime sur une vie.

. . . Laissez-moi nous laver l'un et l'autre Du crime que sa vie a jeté sur la nôtre.

Baj., act. IV, se. vi.

La vie de Bajazet jette un crime sur la nôtre, parce que nous sommes coupables de ce qu'il vit encore. Ces deux vers disent tout cela, et de la manière la plus énergique et la plus vive.

Vieillir dans une longue enfance.

Dans une longue enfance ils l'auroient fait vieillir.

Brit., act. I, se. i.

Admirable expression que Racine ne doit pas à Tacite.

DICTIONNAIlil' C.UITIQUE. 513

VlKlLLIR l.'VMUITIOX.

Vous dont j'ai pu laisser vieillir l'ambitioa Dans les honneurs obxcitrs de quelque légion.

Hrit., act. I, se. II.

Ambition qiiivieillil dans des lionnews obscurs. Quelle concision et quelle poésii' !

VOII.E PESANT.

Que ces vains ornements, que ces voiles mo pèsent.

Pliêdr., act. I, se. ni.

Quelle vérité d'idée, dit I.a Harpe, dans cette espèce de contrevérité d'expression. Des voiles qui pèsent! Quelles sont donc les souffrances qui peuvent jeter dans de telles illusions? Avec un mot Racine peint une situation.

Voler pour ravir.

Vous suivrez un époux avoué par lui-même, C'est un titre qu'en vain il prétend me voler.

//j/t., act. V, se. n.

C'est Achille qui parle, et qui parle d'Agamemnon. Le mot voler a ici une énergie et une insolence qui ne seraient rencontrées dans aucun autre mot de la langue. Achille insulte celui qui veut lui ravir sa maîtresse. Le mot le plus bas produit l'effet le plus terrible.

YeLX QL'I attende.nt.

Mes yeux sans se fermer ont attendu le jour.

fliil., act. II, se. II.

Pour j'ai attendu le jour sans fermer les yeux. Yecx qdi ont s.vcrifié dn empire.

Ces yeux que n'ont émus ni soupirs ni terreur, Qui m'ont sacrifié l'empire et l'empereur.

lirit., act. V, se. T.

Sacrifier, en ce sens, était alors nouveau, suivant la remarque du père Bouhours.

Vecx ouverts aux larmes.

Mes yeux depuis six mois étoient ouverts aux larsjes. Frères enn., act. I, se. t.

Ouvrir ses yeux aux hn'mes': l'expression est très-heureuse VIII. 33

et très-poétique, et c'est ici qu'elle futemployée pour la première fois.

Yedx qu'on voit venir de toutes parts.

Tous ces yeux qu'on voyoit venir de toutes parts Confondre sur lui seul leurs avides regards.

Bér., act. I, se. v.

Des yeux qu'on voit i^enir, c'est là une grande hardiesse poétique, mais elle passe inaperçue parce qu'elle exprime une cliose vraie. Ce qui nous frappe surtout dans une foule qui accourt vers nous, ce sont les yeux qui se fixent sur nous. Racine exprime cela admirablement, en disant: « Je vois venir de toutes parts des yeux qui me regardent. »

Yeux ouverts aux larmes.

Yedx qui se plaisent a trouhler un pouvoir.

Vous pensez que des yeux toujours ouveris aux larmes, Se plaisent à troubler le pouvoir de vos charmes,

Andr.. act. Il, se. ii.

Métaphores hardies et nouvelles dans la langue; mais employées avec un art si heureux que leur hardiesse et leur nouveauté ne s'aperçoivent pas.

Y'edx qui rendent des noms.

Et que ses yeux cruels à pleurer condamnés. Me rendent tous les noms que je leur ai donnés.

Antlr., act. m, se, i.

C'est-à-dire tous les noms que j'ai donnés à ses yeux. Des yeux expriment des sentiments ; il y a des regards de mépris, de haine, de soupçon. Des regards parient sans doute, mais ils ne rendent pas des noms.

Yeux faits a l'usage des larmes.

Instyiiit par tant de cliarmcs, Ses yeux sont déjà faits à l'usage des larmes.

Jiril., acl. Il, se. II.

Que d'élégance et de poésie! quelle heureuse manière d'exprimer les effets de l'amour sans en prononcer le nom !

FIN DU dictionnaire.

PREMnCRES PUBLICATIONS.

La Xymphe de la Seine à la Reime, ode. A Paris, chez Augustin Courbé, au Palais, en la galerie des Merciers, à la Palme. M.DC.LX (1660). Avec permission. In-W de 45 pages, imprimé en italiques.

C'est la première pièce que Racine fit imprimer. L'ode do la A';/mp/ie de ta Seine fut par la suite rc-imprimée plusieurs fois. Elle le fut d'abord dans le recueil publiii en l'honneur du cardinal Mazarin sous ce titre : Elodia Juin Mazarini cardinalis. Parisiis. Excudebat Antonius Vitré. M.DC.LXVI MOOO;, pp. '200-'2l7. Puis, revue avec soin par son auteur, elle fut admise dans le Recueil de poésies chresliennes et diverses dédié à Monseigneur le prince de Conli par M. de La Fontaine. A Paris, chez Pierre Le Petit, imprimeur et libraire ordinaire du roy, rue Saint-Jacques, à la Croix iFor. 1071. Avec privilège de Sa Majesté. Elle y est au tome III, p. 217 et suiv.

Ode sur la convalescence du roy. A Paris, chez Pierre Le Petit, imprimeur et libraire ordinaire du roy... M.DC.LXIII (16G3 . In-i" de 8 pages, imprimé en italiques.

Le nom de Racine est en lettres capitales ii la fin de l'ode.

La Renommée aux .Muses, ode. In-Zj" de 8 pages, sans lieu ni date et sans nom d'imprimeur.

Imprimé selon toute apparence en 10G3, un peu plus tard que VOde sur la convalescence. Le nom de Racine n'y est pas.

ÉniTION'S ORIGINALES DES PIÈCES DE THÉÂTRE.

La Thébaide ou les frères ennemis, tragédie. A Paris, chez Gabriel Quiiiet, au Palais, dans la galerie des Prisonniers, à l'ange Gabriel, M.DC.LXIV (I66/1). Avec privilège du roy. In-12 de à ff. prélini. non chiffrés, 70 pp. et 1 f. de privilège.

L'aclievo d'imprimer pour la promiéro fois est daté du 30 octobre 160}. Des exemplaires portent le nom de Claude Barbin, au lieu de celui do Gabriel Quinet.

Alexitndre le Grand , tragédie. .A Paris, chez Pierre Trabouillet, dans la salle Dauphine, à la Fortune, M.DG.LXVI (1666). Avec privilège du roy. Ia-1'2 de 12 ff. prél. et 84 pp.

Sur le titre, après le mot (m<ye(/ie, il y a une vignette représentant une Minerve qui foule aux pieds le domon do l'Envie avec la devise Virtus invidiain superat.

Le privilège est du 30 décembre IDGo, enregistré le 7 janvier lOCO. L'achevé d'imprimer du 13 janvier 16G6. Des exemplaires portent le nom de 'fUcodore Girard au lieu de celui de Pierre Trabouillet.

Aiidromaque, tragédie. A Paris, chez Théodore Girard, dans la grand'salle du Palais, du costé de la cour des Aydes, à l'Envie, M.DC.LWllI- (1668). Avec privilège du roy. In-1'2, de 6 tf. et 95 pp. et 1 f. pour la suite du privilège.

Le privilège est accordé h » notre bieu-amé Jean Racine, Prieur de l'Epinay », le 28 décembre 1007.

Des exemplaires portent les noms de Claude Barbia et de Tliomas Jolly au lieu de celui do Théodore Girard.

Les Plaideurs, comédie. A Paris, chez Claude Barljin, au Palais, sur le second perron de la Sainte-Chapelle, M.DC.LMX (1669). Avec privilège du roy. In-l'J de ix ff. prél. et 88 pp.

Le privilège est donné à Paris le 5 décembre ICOS. Des exemplaires portent le nom de Gabriel Quinet au lieu de celui de Claude Barbin.

liritannicus, tragédie. A Paris, chez Claude Barbin, au Palais, sur le second perron de la Sainte-Chapelle, M.DC.L\X (1070). Avec privilège du roy. In-12 de 8 ff. prélim. non chiffrés et 80 pp.

Le privilège est du septième janvier 1070.

Rini.lOr.RAPHIl' . 51-

Des exemplaires portent li' nom lU" Dcnys Thiirry, au lieu de celui de Claude Barliin.

Bérénice, tragédie, par M. Racine. A Paris, cliez Claude Barbin, au Palais, sur le second perron di; la Sainte-Chapelle, M.DC.LXXI (1671). Avec privilège du roy. ln-1'2 de 10 IT. prélim., dont le premier est blanc, non cliitTrés et 88 pp.

Achevé d'imprimer le 21 janvier 1071. Privilège de ...janvier 1071.

Bajazet, tragédie, par M. Racine. Et se vend pour Tautlieur, à Paris, chez Pierre Le Monnier, vis-à-vis la porte de l'église de la Sainte-Chapelle, ;i l'Image de saint Louis, M.DC.LXXIl (1072). Avec privilège du i-oy. In-l'J di: /i fl'. [U'élim. et 90 pp.

PriviliSge du 15 février 1G7"2.

Aclievc d'imprimer le « '20'' jour de février 107'2 ».

Mithridate, tragédie, par M. Racine. A Paris, chez Claude Uarbin, au Palais, sur le second perron de la Sainte-Chapelle, M.DC LXXJIl (1073). Avec privilège du roy. ln-12 de 6 fl'. prélim. non chiffrés, dont le premier en blanc, 81 pp. et 1 f. blanc.

Achevé d'imprimer le 10 mars. Le privilège est du 2 mars 1073.

Iphigénie, tragédie, par M. Racine. A Paris, chez Claude Barbin, au Palais, sur le second perron de la Sainte-Chapelle, M.DC.LXXV (1675;. Avec privilège du roy. ln-12 de G ff. prélim. et 72 pp.

Le privilège, du 28 janvier 1075, est accordé au sieur flacine, trésorier de France.

Phèdre el llippolijle, tragédie, par M. Racine. A Paris, chez Claude Barbin, au l'alais, sur le perron de la Sainte-Chapelle, M.DC.LXXVn(1677). Avec privilège du roy. Pet. in-12 de 5 ff. prélim. et 78 pp.

En face du titre est une gravure d'après Charles Lebrun, qui représente la mort d'Hippolyte.

L'achevé d'imprimer est du 15 mars 1G77.

Le privilège, accorde au sieur Racine, trésorier de France en la généralité de Moulins, est du 11 février.

Des exemplaires portent le nom de J. Ribou au lieu de celui do Claude Barbin.

Esther, tragédie, tirée de l'Escriture sainte. A Paris , chez

518 BlIiLlOGRAPlllE.

Denys Thierry, rue Saint-Jacques, devaul lu rue du Plâtre, à la Ville-de-Paris, M.DC LXX>a\ (1689;. Avec privilège du roy. In-û°, fig. 6 fl'. prélim. non chiffrés et 83 pp.

Le privilège commence au milieu de la page 83 et continue à la page 84 qui n'a pas de cliiffre. Il est accorde aii\ Dames de Saint-Louis en date du 3 février 1080. Nous l'avons reproduit t. V, pp. 13-li.

Lo frontispice représente Esther en présence d'Assucrus. (.\ct.n, se. vu.)

Estlier, tragédie, tirée de l'Écriture sainte. A Paris, chez Denys Thierry, M.DC.LXWIX (1689;. In-12. Avec privilège du roy. Même frontispice; 7 ff. prélim. et 86 pp.

Le privilège commence à la 80" page et continue sur les deux feuillets suivants non numérotés.

Des exemplaires portent le nom de Claude Barbin au lieu de celui de Den\ s Thierry.

Esther, tragédie, tirée de TEscriture sainte, par mous. Racine. Seconde édition. Neufchatel, imprimé par Jean Pistorius, M.DC.LXXXIX. ;'1689). In-8°.

Édition rare il laquelle a été ajoutée une préface curieuse qui contient des allusions aux persécutions que les protestants éprouvaient alors en France. M. Gaullieur a rapporté un passage de cette préface à la p. 21) de ses Etudes sur l'histuire littéraire de la Suisse française, inipr. à Genève en 18.j6, in-8. C'est M. Gaullieur qui a signalé ce passage à M. Ed. Fourni r. Voy. tome V, p. xxxv-xxxvni.

Chœurs de la tragédie d'EslIier, avec la musique composée par J.-B. Moreau. Paris, Denys Thierry, M.DC.LXXXIX (1689). In- 4°. « Avec permission de Monsieur le lieutenant général de police. »

Alhalie, tragédie^ tirée de l'Écriture sainte. A Paris, chez Denys Thierry, rue Saint-Jacques, i la Ville de Paris, M.DC.XCl (1691). Avec privilège du roy. ln-/i°, fig. 6 ff. prélim. et 87 pp.

Après le sixième feuillet, il y a un frontispice d'après un dessin de J.-B. Corneille, gravé par J. Mariette, représentant Atlialie en présence de Joas sur son trùnc (act. V, se. v). L'achevé d'imprimer pour la première fois est du 3 mars lOfll.

Le privilège, en date du 11 décembre 1C90, est accordé au sieur Racine. — 11 ne renouvelle point les défenses faites aux comédiens de représenter la pièce, que portait le privilège d'Esther, accordé aux dames de Saint-

lilHLlOGUAPllIE. 319

Louis. Il est conçu absolument dans les termes ordinaires : « Avec défenses à toutes personnes autres que ceux que ledit sieur aura choisis, d'imprimer ladite tragédie, ni mc'me d'en vendre ou débiter des exemplaires qui pourraient Otre contrefaits, i peioc de conliscation dosdits exemplaires, de trois mille livres d'amende, et de tous dépens, dommages et intérêts, aux charges et conditions contenues plus au long dans lesdites lettres. » — Cette observation se rattache i ce qui est rapporté dans l'examen critique d'Atlialie, t. V, p. 20i-'2('>5. L'interdiction de la représentation publique d'.U/ia/ie pouvait bien se conclure par analogie d'une dos clause-, du privilège d'Ësther, mais ne résultait nullement d'un texte formol.

Athalie, tragédie, tirée de rÉcriturc sainte. A Paris, chez Denys Thierry, rue Saint-Jacques, à la Ville de Paris. M.DC.XCII (1692). Avec privilège du roi. In-l'J. 7 feuillets sans pagination. Après le septième feuillet, une réduction de la gravure de l'in-i". 114 pp-

Le privilège, en date du 11 décembre 1690, est accordé au sieur Racine, gentilhomme ordinaire de Sa Majesté. L'achevé d'imprimer pour la première fois le 3 mars ICOl doit se rapporter à l'édition in-i.

IntermC'des en musique de la Irai/édie d'EsUier. Propres pour tes Dames religieuses et toutes autres personnes, par M. Moreau, maistre de musique et pensionnaire de Sa Majesté. A Paris, chez (Uiristophe Ballard, seul imprimeur du roy pour la musitiue, rue Saint-Jean-de-liauvais, au Mont- Parnasse, M.DC.XGVl (1696;. Avec privilège de Sa Majesté. Iii-4°.

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