‹ Œuvres complètes de RacineChapitre 3 sur 249 · IV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

IV INTRODUCTION

a de plus ajouté : 1° deux lettres de la mère sainte Thccle Racine à M"" Racine; 2° quatre lettres de M°" de Maintenon à diverses personnes; 3° une lettre de J.-B. Racine à Louis Racine, à propos du Poème Je la religion de ce dernier. Ces annexes prendront place dans une série distincte dont il sera question tout à l'heure. Nous ne reproduisons pas toutefois les quatre lettres de M"" de Maintenon. Il y est parlé de Racine trop incidemment. Un trait ou deux qui visent le poëte ont été relevés dans la troisième partie de la vie de l'auteur, au commencement de notre cinquième volume.

Louis Racine a fait précéder cette troisième série d'un avertissement ainsi conçu :

« Le premier recueil a fait connoître la vivacité du jeune homme qui n'aime que les vers; dans le second recueil, on a vu la cordialité avec laquelle, dans un âge plus avancé, il écrivoit à son intime ami : voici le père de famille en déshabillé au milieu de ses enfants. Les lettres suivantes, par les petits détails qu'elles contiennent et par leur style simple, font mieux connoître le caractère de celui qui les a écrites que des lettres plus travaillées. Il aimoit également tous ses enfants, n'étant occupé qu'à entretenir l'union entre eux. Lorsqu'il en voyoit un incommodé, il étoit dans des agitations continuelles. « Pourquoi me suis-je marié? » s'écrioit-il ; et il se rappeloit ces deux vers de Térence :

Vati! quomquamne hominem in animum insiituere, aut Parare, qiiod sit carias quam ipso est sibi?

C'est cette tendresse que respirent les lettres qu'on va lire, n Quelques lignes d'un écrivain de nos jours méritent d'être citées : « Rien n'inspire plus d'estime, plus de respect, plus de tendre sympathie pour Racine que la lecture des lettres à son fils. C'est le ton affectueux et grave d'un excellent père, sage et discret dans sa sollicitude et dans ses conseils, sachant garder la mesure entre une sévérité rebutante et une indulgence trop facile, n'imposant pas ce qui ne doit être

INTRODUCTION, v

qu'insinué, tempérant ses exhortations par des témoignages délicats de confiance et d'amitié; initiant peu à peu son fils aux alTaires et à la vie; enfin, quand il sent la mort approcher, lui recommandant avec une touchante effusion la compagne dont il fait valoir les soins et l'affection. On est attendri quand on voit arriver la fin prématurée de cet homme excellent; on partage la douleur de ses amis et de sa famille, et, après avoir vécu dans ce doux commerce avec lui, on lui applique volontiers, d'accord avec son fils, le mot de Tacite sur Agricola : Bonum virum credercs facile, magnum libeiHer. » Il est facile de croire à sa bonté ; on est heureux de croire à sa grandeur', »

///, Lettres de divers à divers.

Nous reproduisons, dans cette dernière section de la correspondance, soit intégralement, soit par fragments, des lettres qui n'ont été ni écrites par Racine ni adressées à Racine, mais qui sont intéressantes pour sa biographie.

MÉMOIDES Sun LA VIE DE JEAN RACINE.

Ces Mémoires sont le complément indispensable de toute édition des œuvres de Racine. Louis Racine les fit imprimer en 17îi7 sous la rubrique Lausanne et Genève. Ils sont, dans l'édition originale, précédés d'un avis de l'éditeur ainsi conçu :

Il Les gens de lettres me sauront gré du présent que je leur fais; et ils liront avec plaisir la vie et les lettres de deux illustres amis, dont les écrits font leurs délices, et dont le nom seul fait l'éloge.

« 11 importe peu au public de savoir comment je me suis trouvé possesseur de l'ouvrage que je lui procure ; mais je suis bien aise de lui dire que j'ai donné à la correction tous

Page 1