La paroisse de Saiiit-LAureiit s'étendait jusque-là
RACINE A BOILEAU
A Paris, ce 13 août [1081].
Je ne VOUS écrirai aujouril'iiui que deux mots, car, outre qu'il est extrêmement tard, je reviens cliez moi pénétré de frayeur et de déplaisir. Je sors de chez le pauvre M. IlessL'in, que j'ai laissé à l'extrémité; je doute qu'à moins d'un miracle je le retrouve demain en vie. Je vous conterai sa maladie une autre fois, et je ne vous parlerai maintenant que de ce qui vous regarde. Vous êtes un peu cruel à mon égard, de me laisser si longtemps dans l'horrible inquiétude oîi vous avez bien dû juger que votre lettre à M'"" Manchon me pouvoit jeter. ^ J'ai vu M. Fagon, qui, sur le récit que je lui ai fait de ce qui est dans cette lettre, a jugé qu'il falloit quitter sur-le-champ vos eaux. 11 dit que leur effet naturel est d'ouvrir l'appétit, bien loin de l'ôter; il croit même qu'à l'heure qu'il est vous les aurez interrompues, parce qu'on n'en prend jamais plus de vingt jours de suite. Si vous vous en êtes trouvé considérablement bien, il est d'avis qu'après les avoir laissées pour quelque temps vous les recommenciez; si elles ne vous ont fait aucun bien, il croit qu'il les faut quitter entièreinent. Le roi me demanda avant-hier au soir si vous étiez revenu; je lui répondis que non, et que les eaux jusqu'ici ne vous avoient pas fort soulagé. Il me dit
\. L'autographe existe à la Bibliothèque nationale.